Edgar Hilsenrath
Nuit
1941. C’est la nuit permanente sur le ghetto de Prokov. Au fil des jours, égaré dans un décor apocalyptique, Ranek lutte pour sa survie. Réduits à des ombres, comme s’ils n’avaient plus ni âme ni corps, les personnages baignent dans le brouillard. pourtant, les scènes d’amour hâtives, de solidarité ou de naissances au milieu du ghetto montrent que, même plongée dans l’horreur, l’humanité s’accroche. Grande fresque de la cruauté et du grotesque, « Nuit » est le point de départ de l’oeuvre d’Hilsenrath. Resté occulté pendant près de vingt ans, il est aujourd’hui considéré comme son chef-d’oeuvre.
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De son côté, l’homme du travail est trop accablé, trop malheureux et trop effrayé de l’avenir, pour jouir de la beauté des campagnes et des charmes de la vie rustique. Pour lui aussi les champs dorés, les belles prairies, les animaux superbes, représentent des sacs d’écus dont il n’aura qu’une faible part, insuffisante à ses besoins, et que, pourtant, il faut remplir, chaque année, ces sacs maudits, pour satisfaire le maître et payer le droit de vivre parcimonieusement et misérablement sur son domaine.
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