
La Révolution française
1064 Pages –
Avec Penser la Révolution française (1978), François Furet, en désacralisant la Révolution, en contestant une historiographie qui admettait mal la prise de distance à l’égard de l’objet, faisait oeuvre révolutionnaire. Dix ans plus tard, dans La Révolution de Turgot à Jules Ferry (1988), il remplissait ce programme iconoclaste. Et au fil de nombreux articles autour du bicentenaire de 1789, il approfondissait encore sa réflexion sur le rapport de la Terreur et de la Révolution, sur la place de 1789 comme de 1793 dans l’imagination des Français, sur la relation complexe qu’ils entretiennent avec le grand événement de leur histoire. Il annonçait aussi, pour le futur, l’étude de la pérennité des passions révolutionnaires. Dans tout ce parcours, ponctué de saisissants portraits, il combinait l’énergie de l’investigation intellectuelle avec le bonheur de l’écriture. «Une oeuvre, avait-il écrit dans Penser la Révolution, c’est une question bien posée.» À condition d’ajouter qu’elle doit être portée aussi par la force et la grâce du talent, la définition convient assez bien à la sienne.
De la Révolution française, on peut tracer une histoire brève, en l’arrêtant à la chutte de Robespierre, ou à l’avènement de Bonaparte. Le parti que j’ai pris ici est au contraire d’en écrire une version longue, étalée sur plus de cent ans, entre Turgot et Gambetta. L’idée centrale est que seule la victoire des républicains sur les monarchistes, en 1876-1877, donne à la France moderne un régime qui consacre durablement l’ensemble des principes de 1789 : non seulement l’égalité civile, mais la liberté politique. C’est ce premier siècle de la démocratie en France que j’ai tenté de peindre et de comprendre. De Turgot à Napoléon (1770-1814). Ce premier volume met en scène les années fondatrices, des contradictions de l’Ancien Régime à l’Empire napoléonien : l’histoire de la Révolution de 1789, la République jacobine et la République thermidorienne.
