
La folie du moment
Un homme est amené à la prison de la Santé. C’est un meurtrier, très grand, myope. Il a voulu tuer sa femme en la poussant par la fenêtre. C’est du moins ce qu’on lui a dit, mais il ne sait pas très bien si ce moment a existé, un moment comme une <<éclipse>>, un moment à corriger. Cécile, sa femme, n’est pas morte, elle est allongée, quelque part, dans une chambre d’hôpital. Son compagnon de cellule, Le Parfumeur, a immédiatement repéré le meurtrier. Il le trouve beau. Le regarde, des heures durant, jusqu’au vertige. Contemple cet homme, semblable à < >. Les heures battent lentement. Tout est flou. Tout, sauf le désir, qui la nuit mord les sexes, monte comme une fièvre lente. Le Parfumeur aura le corps du meurtrier. A force de le vouloir. Le meurtrier le lui donnera, et trouvera, dans ce don, la force d’un aveu à la femme aimée.
