
Danseur
Ange ou démon. Étoile… filante, peut-être, mais étoile qui brilla au plus haut par son génie et son ambition. C’était Noureev. Rudi. Rudik Rudolph. Prénom choisi par sa mère, Farida, en hommage à Rudolph Valentino. Et quel séducteur que ce jeune Tatar, un peu rustre, ayant grandi entre sa mère aimante, sa grande sœur et un père qui mettra des années à admettre le choix de son fils ! La force du roman de McCann réside dans son style narratif : raconter l’histoire de Noureev, par l’intermédiaire (imaginaire et romancé) de divers acteurs de sa vie : sa sœur, Serguei et Anna (qui le forma à Oufa et lui fit découvrir la danse et la musique), leur fille qui l’hébergea à Leningrad, ses amis, sa complice de scène et de coulisses la grande Margot Fonteyn, ses amants, sa gouvernante ou des anonymes fascinés par le talent du jeune garçon de l’époque…
Gégé
Il y a dans la bourgeoisie de province un charme suranné, tout entier incarné dans cette maison de deux étages où le temps s’écoule selon un tempo plus doux et étouffé. C’est ce que Jean découvre à son arrivée à Bordeaux, pour son stage de fin d’études, en rencontrant sa grand-tante, cette femme aussi élégante et bien élevée que belle et espiègle. Et il y a Gégé, l’inénarrable gouvernante allemande au passé trouble. Sur laquelle Madame veille autant que celle-ci lui est dévouée. En vivant avec ces dames, Jean apprendra le passage à l’âge adulte et les deuils qui l’accompagnent. L’ironie de la vie qui veut que, parfois, les conditions sociales s’inversent. Et surtout l’amour et la tendre fidélité que l’on porte aux êtres chers.
