Jean-Paul Roux
Babur – Histoire des grands moghols
Babur est un des grands personnages de l’histoire. Et pourtant l’Occident ne connaît guère ce descendant de Gengis Khan et de Tamerlan, qui a jeté les fondements de l’empire des Grands Moghols. Un homme extraordinaire s’il en fut, conquérant, mais aussi mystique, juriste et théologien, dont les talents d’écrivain sont encore universellement estimés: ses mémoires constituent la meilleure source d’information et sur son époque et sur les événements qui s’y déroulent.
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Comme je me souviens de l’année noire 1954 ! Ce jour de mai à Hanoï, un défilé de la victoire doit commémorer la capitulation allemande.Des ouvriers annamites ont construit des tribunes de bois; ils sont en train d’accrocher des gerbes de drapeaux français et vietnamiens aux arbres de la principale avenue de la ville, face aux monuments aux morts, quand l’on apprend que Dien Bien Phu est tombé. Mais les généraux du Grand Etat-Major décident , par orgueil ou par stoïcisme, que la parade prévue aura lieu quand mëme. La mise en place est longue. L’on range les personnalités civiles et militaires aux places d’honneur, selon l’ordre des préséances. Enfin, au loin apparaît une clique de la Légion: elle joue une marche funèbre…
Heydrich, l’homme clé du IIIème Reich
Reinhard Heydrich fut parmi les dirigeants nazis l'un des plus féroces et des plus craints. Cet ancien officier de marine fut distingué par Himmler et mis à la tête du SD, le service de sécurité de la SS. Ayant ainsi autorité sur les services secrets et la Gestapo, il eut entre les mains une puissance qui n'était guère dépassée que par celle de Hitler lui-même. Il fut avec Himmler l'un des concepteurs de la” solution finale de la question juive Nommé protecteur de Bohême-Moravie, le “bourreau de Prague” fut abattu en 1942, à trente-huit ans, par des résistants tchèques. Son voeu ultime fut que la destruction des Juifs soit menée à bien. L'apport essentiel d'Edouard Calic est de dévoiler dans cet ouvrage le rôle joué dans l'ombre par Heydrich dans toutes les provocations et attentats orchestrés par les nazis.
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L’ère des camps
Le système concentrationnaire s'enracine à la structure du XXe siècle. Dénoncé par ses victimes quand elles lui échappent, il l'est aussi par ceux qui brandissent cette dénonciation somme une arme politique contre des régimes réprouvés – mais pas comme le mal absolu. Implacablement le camp s'inscrit dans une sorte de logique de la démence humaine. A chaque découverte, les camps nazis, les camps d'Algérie, les camps soviétiques, de Grèce, du Sud Vietnam… la bonne conscience des “autres” s'exclame : “Comment est-ce possible ?”. Sub specie aeternitatis, c'est au nazisme qu'appartient le triste privilège d'avoir créé le système concentrationnaire et le système d'extermination les plus monstrueusement déments. Mais, en regard de cette terrifiante spécificité ” hors concours ” du camp nazi, ne peut-on redouter que la conscience universelle ne s'émousse ?

