Radwane Saheli
Les limbes du cœur – Livre neuf
LIVRE NEUF – Le beau peut-il s’exprimer dans la souffrance ? De mal-être en amours désabusés, l’auteur trouve le chemin de la normalité des choses et expose ses états d’âme dans une écriture poétique libératrice. La douleur se révèle alors comme une émotion propre à l’être. Cette prise de conscience sera la première étape d’un retour à soi, qui lui permet de poser un regard nouveau sur sa vie. Elle lui permet également de fuir les faux-semblants et faire le deuil de ses illusions. Le cœur peut alors s’envoler vers ses limbes régénérateurs.
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Gaspard de la nuit
En 1842, un an après la mort de son discret auteur, la première édition de Gaspard de la Nuit ne rencontre guère que le silence: vingt exemplaires à peine en sont vendus. Et il est vrai que les premiers lecteurs étaient sans doute mal préparés à la découverte de ce recueil de courtes “fantaisies à la manière de Rembrandt et de Callot” qui offraient à la fois l’apparence de la prose et la réalité d’une pure écriture poétique. Il faudra attendre Baudelaire pour que le poème en prose soit reconnu, et c’est justement l’auteur du Spleen de Paris qui fera découvrir à un public plus large ce “fameux Gaspard de la Nuit” grâce auquel l’idée lui est venue à son tour de ” tenter quelque chose d’analogue”. D’analogue? Rien n’est moins sûr car si les pièces de Baudelaire s’attachent à la vie moderne, celles de Bertrand nous proposent la peinture de la vie ancienne. Et ce sont bien deux naissances successives du poème en prose.
Le parti pris des choses
L’huître, de la grosseur d’un galet moyen, est d’une apparence plus rugueuse, d’une couleur moins unie, brillamment blanchâtre. C’est un monde opiniâtrement clos. Pourtant on peut l’ouvrir : il faut alors la tenir au creux d’un torchon, se servir d’un couteau ébréché et peu franc, s’y reprendre à plusieurs fois. Les doigts curieux s’y coupent, s’y cassent les ongles : c’est un travail grossier. Les coups qu’on lui porte marquent son enveloppe de ronds blancs, d’une sorte de halos. À l’intérieur l’on trouve tout un monde, à boire et à manger : sous un firmament (à proprement parler) de nacre, les cieux d’en-dessus s’affaissent sur les cieux d’en-dessous, pour ne plus former qu’une mare, un sachet visqueux et verdâtre, qui flue et reflue à l’odeur et à la vue, frangé d’une dentelle noirâtre sur les bords. Parfois très rare une formule perle à leur gosier de nacre, d’où l’on trouve aussitôt à s’orner.
Lettres à Prunelle
Quatrième de couverture – « Prunelle, si tu savais… Il faut, pour vivre, ne pas se laisser vivre, mais vivre dans l’urgence, ne pas laisser le temps filer, glisser entre les doigts. Si tu cours, tu iras plus vite. Si tu marches, tu iras plus loin. Si tu cries, tu seras entendue. Si tu parles, tu seras écoutée.
Les voies du lyrisme dans les ”Poèmes” de Léopold Sedar Senghor
Parmi les aspects envisagés, notons : – la voie militante : défense de l’homme noir, combats pour la Négritude, affirmation des valeurs africaines ; – la voie ” poétique ” : l’adhésion du monde, le recours aux sensations premières du ” royaume d’enfance “, indemnes des ” contagions de civilisé ” ; – la voie du dialogue des cultures : aventure d’un homme qui n’a jamais renié son lien ombilical avec les cultures occidentales et s’est efforcé de métisser ses deux cultures personnelles, en dépit de leurs apparentes contradictions ; – la présence et l’exploitation des grands thèmes du lyrisme universel, permettant au témoignage de s’instaurer Vérité ; – les voix du Maître-de-la-Parole : musique et rythme du verset, profusion des images, jeu sur les registres linguistiques, etc. – Pour que la lecture des poèmes ne se réduise pas à un lassant décryptage, le livre s’achève sur un lexique destiné à élucider les problèmes posés par les références du poète à la langue, à l’histoire et aux traditions de son pays.

