Pierre Barret, Jean-Noel Gurgand
Ils voyageaient la France
« Ils ont des chefs, un mot d’ordre ‘et des signes particuliers pour se reconnaître », signale en 1809 le commissaire général de Lyon. ils? Les compagnons, ces ouvriers singuliers qui ont des cathédrales dans la mémoire et se proclament Enfants de Salomon, de maître Jacques ou du père Soubise. Ils’ se transmettent des rituels mystérieux, défilent en gibus avec des airs compassés de bourgeois, baptisent au vin rouge les drôles de noms qu’ils se donnent; s’entrebattent à mort ou s’entraident à vie, c’est selon, portent le Beau dans leurs mains et mettent en couplets la condition ouvrière sur l’air de Caressons-nous Lisette. Qui sont-ils en vérité? Après avoir marché sur les traces des pèlerins de Saint-Jacques (Priez pour nous à Compostelle), P. Barret et J. N. Gurgand ont cette fois suivi celles des compagnons du tour de France traversant, balluchon à l’épaule, les paysages du XIXe siècle. Là encore il s’agit d’un voyage. L’anecdote est d’époque, mais l’important est de toujours : le grand secret des ouvriers du Devoir, c’est que l’homme porte en lui tous les chefs-d’oeuvre.
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Fier d’être français
Il faut bien que quelqu’un monte sur le ring et dise: « Je suis fier d’être français. » Qu’il réponde à ceux qui condamnent la France pour ce qu’elle fut, ce qu’elle est, ce qu’elle sera: une criminelle devenue vieillerie décadente. Or nos princes, qui devraient la défendre, au lieu de pratiquer la boxe à la française, s’inspirent des lutteurs de sumo! Comment ne pas chanceler dans ces conditions? Et les procureurs de frapper fort. Ils exigent que la France reconnaisse qu’elle les opprime, qu’elle les torture, qu’elle les massacre. Seule coupable! Pas de héros dans ce pays! Renversons les statues, déchirons les légendes. Célébrons Trafalgar et Waterloo, et renions Austerlitz! Ils veulent que la France s’agenouille, baisse la tête, avoue, fasse repentance, reconnaisse ses crimes et, tondue, en robe de bure, se laisse couvrir d’insultes, de crachats, heureuse qu’on ne la « nique » qu’en chanson et qu’on ne la brûle que symboliquement chaque nuit! Il est temps de redresser la tête, de hausser la voix, de monter sur le ring… et de boxer à la française!
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Le système concentrationnaire s'enracine à la structure du XXe siècle. Dénoncé par ses victimes quand elles lui échappent, il l'est aussi par ceux qui brandissent cette dénonciation somme une arme politique contre des régimes réprouvés – mais pas comme le mal absolu. Implacablement le camp s'inscrit dans une sorte de logique de la démence humaine. A chaque découverte, les camps nazis, les camps d'Algérie, les camps soviétiques, de Grèce, du Sud Vietnam… la bonne conscience des “autres” s'exclame : “Comment est-ce possible ?”. Sub specie aeternitatis, c'est au nazisme qu'appartient le triste privilège d'avoir créé le système concentrationnaire et le système d'extermination les plus monstrueusement déments. Mais, en regard de cette terrifiante spécificité ” hors concours ” du camp nazi, ne peut-on redouter que la conscience universelle ne s'émousse ?
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Dix jours qui ébranlèrent le monde de l’Américain John Reed (1887-1920) retrace avec une intensité et une vigueur extraordinaires les premières journées de la révolution russe d’Octobre 1917. John Reed parcourt en toute liberté Petrograd, la « capitale rouge », recueille les analyses des principaux acteurs politiques et écoute le peuple de Petrograd dans les cercles qui se formaient sur les places publiques, à la porte des boulangeries, à l’intérieur des casernes. Plus qu’une simple énumération des faits ou un recueil de documents, John Reed propose une série de scènes vécues, des tableaux pris sur le vif. De retour aux États-Unis, il rassemble l’essentiel de ses observations et revit, dans l’urgence, cette aventure humaine dont il apparaît encore aujourd’hui comme l’un des témoins les plus proches.

