Gérard Tixier
Paroles de parano
Je ne suis pas celui en qui je placerai ma confiance. Simplement prudent ou totalement psychotique, vous avez quelque raison de vous méfier des caméras de surveillance, portables et autres e-mails. Ne vous inquiétez pas : nous sommes tous paranos ! Paroles de parano, c’est une vingtaine de textes superbement illustrés par Stéphane Goddard qui vous rassureront : Amélie Nothomb, Rousseau, Molière, Queneau ou Stendhal se sont, eux aussi, senti observés voire persécutés.
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Les voies du lyrisme dans les ”Poèmes” de Léopold Sedar Senghor
Parmi les aspects envisagés, notons : – la voie militante : défense de l’homme noir, combats pour la Négritude, affirmation des valeurs africaines ; – la voie ” poétique ” : l’adhésion du monde, le recours aux sensations premières du ” royaume d’enfance “, indemnes des ” contagions de civilisé ” ; – la voie du dialogue des cultures : aventure d’un homme qui n’a jamais renié son lien ombilical avec les cultures occidentales et s’est efforcé de métisser ses deux cultures personnelles, en dépit de leurs apparentes contradictions ; – la présence et l’exploitation des grands thèmes du lyrisme universel, permettant au témoignage de s’instaurer Vérité ; – les voix du Maître-de-la-Parole : musique et rythme du verset, profusion des images, jeu sur les registres linguistiques, etc. – Pour que la lecture des poèmes ne se réduise pas à un lassant décryptage, le livre s’achève sur un lexique destiné à élucider les problèmes posés par les références du poète à la langue, à l’histoire et aux traditions de son pays.
Corneille, Œuvres complètes
35 pièces de théâtre, 6 œuvres en prose, 13 lettres, 93 poèmes, 8 traductions ….
Une œuvre magistrale, en 1110 pages, indispensable !
Parallèles de la colère
Un long texte, aux contraintes formelles, côtoie, page après page, comme s’il voulait en dépasser la colère visible, des poèmes proches du cri. L’un et les autres furent écrits dans le même temps, et ne pouvaient qu’être lus de même.
Cette mise en « parallèle » relève-t-elle, chez l’auteur (et chez le lecteur) d’une sorte de schizophrénie, entre, d’une part, le contrôle de cette colère, et, d’autre part, son expression brute et déchirée/déchirante ?
Ou n’est-ce qu’une interrogation sur ce présent et cet avenir parfois insupportables au poète ?
Alcools
Sous le pont Mirabeau coule la Seine. Et nos amours. Faut-il qu’il m’en souvienne. La joie venait toujours après la peine. Ces vers du “Pont Mirabeau”, comme ceux de “La Chanson du mal-aimé” ou de “Zone”, tous issus du recueil Alcools ont fait la fortune littéraire d’Apollinaire, et un grand classique de la poésie. Toutefois, ce classicisme ne doit pas faire oublier qu’en son temps ce recueil constitua une véritable révolution poétique : après Rimbaud, Apollinaire transforme toutes les règles d’un lyrisme devenu vieillot à son goût. Il faut pouvoir chanter le monde, jusque dans sa réalité la plus crue, mais aussi jusque dans ses progrès les plus récents : la tour Eiffel (“Zone”) côtoiera donc les cellules de la prison de la Santé (“À la Santé”). Sur ce modèle se succéderont alors la mort, la fuite du temps et surtout l’amour : tantôt lumineux, tantôt obscur, mais toujours au centre de ces ivresses poétiques. Avec Alcools, Apollinaire deviendra le modèle de tous les poètes à venir, et en particulier des surréalistes. Le chagrin d’amour, l’émoi devant la fuite du temps (“Le Pont Mirabeau), mais aussi la poésie de la vie quotidienne, de la machine et de la ville cosmopolite (“Zone”). Tel est Alcools, recueil qui rassemble des poèmes écrits par Apollinaire de 1898 à 1913. Entre une inspiration élégiaque qui n’est pas sans rappeler Ronsard et une modernité nerveuse annonciatrice du surréalisme imminent, l’ensemble oscille librement, “plein d’un vin trembleur comme une flamme”.

