Clarisse Nicoïdski
Rumeurs dans la salle des profs
Dans la salle des profs devenue de 12 heures à 13 heures 30, leur cantine, ils n’échangent guère que le sel et la moutarde. Un collègue vient de se suicider et tout bascule. Les masques tombent. La mémoire met à jour des drames proches ou lointains, les souvenirs font une sarabande effroyable et les personnages perdent de leur réalité. Le quotidien débouche sur le fantastique et ces visages tour à tour grimaçants, terrifiés ou agressifs appartiennent au monde du grotesque « la plus riche source que la nature puisse offrir à l’art » (Victor Hugo).
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En avril 1905, Ram et Lucie Pasquier ont déménagé rue du Faubourg-Saint-Antoine où ils élèvent la jeune Suzanne et les différents enfants du clan Pasquier s'épanouissent dans leurs domaines respectifs : Ferdinand vient de se marier et travaille, comme son épouse Claire, dans l'administration ; Cécile développe ses talents de pianiste ; Laurent Pasquier travaille à l'hôpital Boucicaut avec Renaud Censier, un biologiste réputé de cinquante ans qu'il admire ; et Joseph réussit dans de juteuses affaires de mines argentifères au point d'acheter un petit domaine à la campagne, près de Nesles-la-Vallée d'où est issu le patriarche de la famille. Sur une proposition de Justin Weill, l'ami d'enfance de Laurent, ce domaine est baptisé la Pâquellerie, et Joseph projette d'y faire une pendaison de crémaillère somptueuse pour épater son entourage et favoriser la publicité de ses affaires. Il souhaite inviter des politiciens, des artistes, et des scientifiques, dont Censier le patron de son frère …
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