Erica Jong
La peur de l’âge
Il y a un quart de siècle, Erica Jong, faisait scandale en affirmant, avec une superbe insolence et une absolue sincérité, la liberté sexuelle de la femme. Mais qu’en reste-t-il, passée la grande époque du féminisme militant, et la cinquantaine atteinte ? Nous ne savons plus quoi faire de nous une fois privées de notre jeunesse et de nos attraits. Ce constat mélancolique, des millions de femmes peuvent le partager. Heureusement, l’auteur de Nana Blues n’est pas du genre à se complaire dans la lamentation.
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Parvenu à l'heure des bilans, le narrateur, directeur d'hôpital, se souvient que, trente ans auparavant, on avait exhibé devant les étudiants, dans un amphithéâtre déjà vétuste, aujourd'hui disparu, sa mère, presque mourante, un écriteau sur la poitrine. Et d'autres souvenirs reviennent qui font affleurer quelques figures d'Argentins : Gabriel, le kinésithérapeute aveugle, Nicolas, le frère, et même Eva Perón, haranguant du haut d'un tracteur une foule de miséreux. Mais très vite, sur la scène de la mémoire, c'est l'extravagant M. Moralès qui s'impose. Ancien grand couturier, tour à tour avide d'absolu et succombant à l'abjection, il entraîne dans son sillage un cortège d'excentriques. Seul le souvenir de la mère, une femme aux yeux gris, pénétrée de la sagesse des humbles, revient apaiser le tumulte de la mémoire. Et les ombres, enfin, peuvent se dissiper.
Vers chez les blancs
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