Krishna Baldev Vaid
La splendeur de Maya
Sahira n’est pas son nom, pas son vrai nom, je ne sais pas si elle a un nom, un vrai nom moins encore. Je suppose qu’elle n’a pas de nom – l’innommable. Ce n’est pas une supposition, c’est mon désir : je désire qu’elle n’ait pas de nom, qu’elle reste innommée, afin que je puisse la chérir sous tous les noms, la chérir indéfiniment, dans le secret de mon cur, jusqu’à la fin. Je suppose qu’elle n’a pas de forme. Ce n’est pas une supposition, c’est mon désir : je désire qu’elle soit sans forme ; afin de pouvoir la contempler sous toutes les formes, la contempler indéfiniment, jusqu’à la fin.
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Arequipa – Pérou, le 12 novembre 1934
Un cow-boy égaré au pays des gardians, un handicapé braqueur de Feria, une veuve de matador au fourneau, des mercenaires du virtuel face aux cornes, un serial-killer… ouvertes par un texte lauréat éblouissant de maîtrise et de concision, dix-sept nouvelles finalistes du Prix Hemingway 2008, dont la variété de tons, de styles et de sujets séduira tous les lecteurs.
Vice et Versant
Nuit alpine, nuit câline, nuit d’amour (sur un air connu), telle est la phrase en exergue qui invite à la lecture de Vice et versant., la première des onze nouvelles verticales de ce recueil. En plus du titre, le ton est-il donné pour autant ? C’est plus compliqué que ça… Humour et sensualité seront du voyage, c’est sûr : d’emblée, il s’agit d’étreinte et d’extase. Pourtant, il faudra se méfier des apparences : la roche peut être chaude comme un ventre, alors que déjà la montagne est inquiétante et que, bientôt, elle se montrera impitoyable et cruelle. On ne saurait toutefois la résumer là, quand, plus loin, toute la beauté du monde se retrouve dans un flocon de neige et que, ailleurs, tout l’amour du monde peut tenir à un mousqueton… En Himalaya, en Islande, en Alaska, à Chamonix, au Yosemite, en rocher comme en glace, en paroi ou en pente douce, jusqu’au sommet ou tout au fond d’une crevasse, aujourd’hui peut-être, ou alors hier, sous les traits d’un homme, à travers les yeux d’une enfant, et le plus souvent par la voix d’une femme, dans le rire franc ou le rire jaune, dans l’effroi, le mystère ou dans les larmes, Angélique Prick nous promène sur tous les versants d’une montagne protéiforme.
Vite et bien – Des nouvelles de La Dépêche
À l'occasion des 140 ans de La Dépêche du Midi, Vite et bien, des nouvelles de La Dépêche offre un regard romancé mais réaliste sur l'histoire de ce journal mythique. Nourri de recherches documentaires et d'entretiens avec les «anciens» qu'ils soient ouvriers typographes, rédacteurs en chef ou standardistes, le texte de Michel Mathe offre une traversée d'un siècle et demi d'histoire politique, économique et journalistique du sud-ouest de la France. Ce roman, d'une forme peu conventionnelle, est constitué d'un ensemble cohérent de nouvelles qui se répondent les unes aux autres et s'enchâssent pour dresser un portrait impressionniste mais étonnamment pragmatique de ce vénérable quotidien. Un ouvrage qui prouve, si besoin était, la vitalité sans cesse renouvelée de la Dépêche du Midi, le journal de la démocratie qui renseigne vite et bien.
Le rosier de Madame Husson
Les choses ne sont pas ce qu'elles semblent. Un rosier peut en cacher un autre. La première qualité de ce livre est de mystifier le lecteur: il y a du piquant dans le titre, mais il ne vient pas de l'arbuste qu'on croit. Dans cette savoureuse histoire de chasteté récompensée, le rosier est un garçon et la fleur est d'oranger. Un beau charivari auquel Mme Husson et les habitants de Gisors assistent éberlués. Le projet de la respectable dame est des plus louables: honorer la continence, célébrer la tempérance est bien. L'ennui est que la réalisation n'est pas à la hauteur de l'espoir. En voulant magnifier les vertus gardiennes de l'ordre social, la trouvaille de Mme Husson provoque un désordre. Mieux que d'autres livres de Maupassant, ce recueil de contes se gausse ainsi de toutes les tentatives faites pour sauvegarder les apparences de la vertu.

