Françoise Sagan
Le chien couchant
Le soir, sa journée de comptable terminée, Guéret rentre chez lui par les rues tristes de cette ville du Nord, suivi par un drôle de chien bâtard qui lui emboîte le pas jusqu’à sa pension. Le jeune homme attend et redoute à la fois le moment de retrouver Mme Biron, sa logeuse, une femme dure et hostile, au passé douteux, qui n’a pour lui qu’indifférence et mépris. Or, un jour, par malentendu – un crime et un vol de bijoux ont été commis dans la région -, Mme Biron va prendre son banal locataire pour ce qu’il n’est pas. Pourquoi Guéret accepte-t-il de passer pour un criminel ? Pourquoi ce jeu sinistre ? Que désire-t-il chez cette femme ? Sa confiance, son amitié, son corps ? Jusqu’où cette comédie mènera-t-elle Guéret ? Le chien couchant, lui, semble le savoir, mais les chiens ne parlent pas.
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En avril 1905, Ram et Lucie Pasquier ont déménagé rue du Faubourg-Saint-Antoine où ils élèvent la jeune Suzanne et les différents enfants du clan Pasquier s'épanouissent dans leurs domaines respectifs : Ferdinand vient de se marier et travaille, comme son épouse Claire, dans l'administration ; Cécile développe ses talents de pianiste ; Laurent Pasquier travaille à l'hôpital Boucicaut avec Renaud Censier, un biologiste réputé de cinquante ans qu'il admire ; et Joseph réussit dans de juteuses affaires de mines argentifères au point d'acheter un petit domaine à la campagne, près de Nesles-la-Vallée d'où est issu le patriarche de la famille. Sur une proposition de Justin Weill, l'ami d'enfance de Laurent, ce domaine est baptisé la Pâquellerie, et Joseph projette d'y faire une pendaison de crémaillère somptueuse pour épater son entourage et favoriser la publicité de ses affaires. Il souhaite inviter des politiciens, des artistes, et des scientifiques, dont Censier le patron de son frère …
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