Serno Wolf
Le chirurgien de campodios
A peine Vitus a-t-il percé le secret de ses origines qu’il repart pour de nouvelles aventures, à la recherche d’Arlette, la femme dont il est tombé amoureux en mer et qui semble avoir disparu, quelque part dans les Indes occidentales, au-delà de l’océan. Pour financer son voyage et celui de ses amis, Vitus passe le brevet de chirurgien naval et, non sans mal, embarque avec, bien sûr, le maître et le nain Enano, sur le seul vaisseau encore en partance pour l’Amérique à cette saison. La traversée ne sera pas de tout repos pour le trio et ceux qu’ils rencontreront en cours de route.
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Parvenu à l'heure des bilans, le narrateur, directeur d'hôpital, se souvient que, trente ans auparavant, on avait exhibé devant les étudiants, dans un amphithéâtre déjà vétuste, aujourd'hui disparu, sa mère, presque mourante, un écriteau sur la poitrine. Et d'autres souvenirs reviennent qui font affleurer quelques figures d'Argentins : Gabriel, le kinésithérapeute aveugle, Nicolas, le frère, et même Eva Perón, haranguant du haut d'un tracteur une foule de miséreux. Mais très vite, sur la scène de la mémoire, c'est l'extravagant M. Moralès qui s'impose. Ancien grand couturier, tour à tour avide d'absolu et succombant à l'abjection, il entraîne dans son sillage un cortège d'excentriques. Seul le souvenir de la mère, une femme aux yeux gris, pénétrée de la sagesse des humbles, revient apaiser le tumulte de la mémoire. Et les ombres, enfin, peuvent se dissiper.
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