Hervé Jaouen
Les 12 chambres de Monsieur Hannibal
La narratrice, une jeune romancière à la recherche d’un lieu calme pour terminer son texte, revient dans le village de son enfance et y retrouve le directeur de l’école pour qui elle écrivait des poèmes. Peintre amateur, il lui propose d’étranges séances de pose : M. Hannibal, septuagénaire propriétaire de la grande demeure, peint bien la jeune femme, mais il le fait chaque jour dans une chambre différente et la séance de pose lui est prétexte au récit, en douze séquences suivant les douze chambres successives, du drame qui a obscurci sa vie. Il a convolé avec une charmante Béatrice, pieuse fille de général. Las ! le destin a pourvu la jeune femme d’un hymen proprement impénétrable et le jeune homme, fort épris, a fait serment de ne pas chercher ailleurs le type de satisfaction que la fatalité lui interdit avec son épouse. Mais comme la nature a ses exigences, il s’agira pour M. Hannibal d’être inventif… Il le sera, et c’est l’occasion, à chaque histoire et à chaque chambre – dont les murs sont recouverts de tableaux emblématiques, dira-t-on, du thème central du récit du jour – de scènes délicieusement ciselées où un rai de lumière, un parfum, une matité de peau portent autant d’émotions que les gestes de plaisir. Tout le roman érotique vaut par la qualité de l’écriture : celui-ci est un bijou d’humour et de virtuosité langagière. Jamais graveleux – M. Hannibal n’a rien d’un vieillard libidineux.

