Frédéric Petracca
Les gens qui comptent
Il est beau très beau seul, immobile et muet. Assis sur un banc, tout le monde le regarde mais lui ne voit personne. Il n'a rien et semble ne rien vouloir. Qui est cet apollon visiblement en état de choc ? D'où vient-il ? Comment s'est-il retrouvé là ? Avec sa gueule d'ange pour seuls papiers, il aurait mieux fait de ne pas traîner dans la rue ! L'ironie la plus jouissive fraie avec la sensibilité la plus saisissante dans cet ouvrage sur la crasse humaine. L'ego en prend un sale coup dans ce bad trip showbiz et toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes, ou ayant existé, ne saurait être que fortuite à moins que !
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En avril 1905, Ram et Lucie Pasquier ont déménagé rue du Faubourg-Saint-Antoine où ils élèvent la jeune Suzanne et les différents enfants du clan Pasquier s'épanouissent dans leurs domaines respectifs : Ferdinand vient de se marier et travaille, comme son épouse Claire, dans l'administration ; Cécile développe ses talents de pianiste ; Laurent Pasquier travaille à l'hôpital Boucicaut avec Renaud Censier, un biologiste réputé de cinquante ans qu'il admire ; et Joseph réussit dans de juteuses affaires de mines argentifères au point d'acheter un petit domaine à la campagne, près de Nesles-la-Vallée d'où est issu le patriarche de la famille. Sur une proposition de Justin Weill, l'ami d'enfance de Laurent, ce domaine est baptisé la Pâquellerie, et Joseph projette d'y faire une pendaison de crémaillère somptueuse pour épater son entourage et favoriser la publicité de ses affaires. Il souhaite inviter des politiciens, des artistes, et des scientifiques, dont Censier le patron de son frère …
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