Barbara Ferry Johnson
Mississippi
Est-il possible, vers 1860, à une jeune quarteronne, belle et blanche, de se libérer des traditions qui la tiennent à l’écart du monde des blancs, sans quitter la Louisiane pour gagner un État antiesclavagiste du nord des États-Unis ? C’est à travers mille et une aventures bouleversantes que Leah, notre héroïne, trouvera la réponse à cette question. Une réponse qui l’obligera à choisir entre Baptiste Fontaine, le créole qui a été son amant et qu’elle aime, et James Andrews, l’homme du Nord qui lui promet un monde libre. Mais à travers la vie de Leah, on découvre aussi les coutumes de la riche société créole nourrie de culture franco-espagnole, les mystérieux rites vaudous pratiqués par les noirs dans les bayous, la vie haute en couleur du Vieux Carré, le quartier français de La Nouvelle-Orléans, et les affres de ce grand port du Sud profond, en proie à une épidémie de fièvre jaune sans précédent, puis aux déchaînements de l’implacable Guerre de Sécession de la lourde occupation par les Yankees.
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Celestino Marcilla, Madrilène de famille bourgeoise, a milité à gauche pendant les années qui précédèrent la guerre civile, puis combattu avec une bravoure remarquée dans les milices, puis s'est réfugié en France au moment de la défaite de 1939. Alors une fille – son unique enfant – lui est née, Pascualita, et sa femme est morte. Celestino a emmené sa fille avec lui à Paris, qu'il n'a pas quitté depuis. En 1959, elle a vingt ans, et il en a soixante-sept. Celestino, à Paris, vit de ses rentes, qui lui donnent une certaine aisance. Il ne fait rien, que penser ou rêver politique, passant ses journées à lire et à annoter des journaux et des livres, à écrire des articles de politique ou de sociologie qui sont refusés partout, et un ouvrage qui n'avance pas – au côté de Pascualita, qui n'a qu'indifférence et dédain pour les préoccupations ou plutôt l'obsession de son père.
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