Emile Zola
Thérèse Raquin
Pourquoi Thérèse a-t-elle épousé son cousin Camille, souffreteux ? Comment a-t-elle pu se cloîtrer dans son obscure mercerie, au fond du sinistre passage du Pont-Neuf, dépérissant entre sa belle-mère et le chat François ? Tout bascule avec l’arrivée de Laurent qui réveille les passions enfouies et déclenche des événements irréversibles, plongeant le lecteur dans un huis clos intense et inquiétant.
Dans cette première grande oeuvre romanesque se révèlent déjà tout le talent de Zola et sa dimension naturaliste : l’être humain y est disséqué au scalpel dans un récit étouffant et hallucinatoire à l’issue tragique.
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En laissant Tartuffe entrer dans sa maison, Orgon ne pouvait pas imaginer qu'il allait mettre en péril sa fortune, son honneur, son bonheur et l'unité de sa famille. Et pourtant, c'est bien à quoi travaille “l'imposteur”, mais toujours à l'insu du maître de maison : si Tartuffe courtise la femme d'Orgon, c'est sous prétexte de l'entretenir de religion; s'il spolie ses enfants, c'est sous couvert de les remettre dans le droit chemin; s'il s'approprie les cordons de la bourse, c'est pour mieux organiser la dévotion familiale. Comment, dans ces conditions, Orgon aurait-il pu s'apercevoir de son aveuglement et donner au faux dévot la correction qu'il mérite? Avec Tartuffe, Molière livre une satire grinçante de toutes les hypocrisies, satire qui fait mouche et qui, 300 ans plus tard, reste toujours de mise : en témoignent les mises en scène modernes, qui se succèdent, collant à l'actualité, et le nom de Tartuffe qui est définitivement passé dans la langue comme synonyme d'hypocrite.
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