Gérard Chenet
Transes vaudou d’Haïti pour Amélie chérie
La sulfureuse figure du zombi nous vient d’Haïti, terre d’abondance bénie des dieux que de puissants et avides envahisseurs vont précipiter dans l’asservissement, dans d’incessants combats puis la mort. Comme Haïti, comme le zombi, la jeune Amélie intrépide, comblée de dons, qu’un terrible accident va déposséder de son identité, sera la proie de la concupiscence des hommes de pouvoir et tentera de reconquérir le chemin du sel. Un parcours initiatique et sensuel qui nous entraîne à la redécouverte des rituels vaudous.
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Parvenu à l'heure des bilans, le narrateur, directeur d'hôpital, se souvient que, trente ans auparavant, on avait exhibé devant les étudiants, dans un amphithéâtre déjà vétuste, aujourd'hui disparu, sa mère, presque mourante, un écriteau sur la poitrine. Et d'autres souvenirs reviennent qui font affleurer quelques figures d'Argentins : Gabriel, le kinésithérapeute aveugle, Nicolas, le frère, et même Eva Perón, haranguant du haut d'un tracteur une foule de miséreux. Mais très vite, sur la scène de la mémoire, c'est l'extravagant M. Moralès qui s'impose. Ancien grand couturier, tour à tour avide d'absolu et succombant à l'abjection, il entraîne dans son sillage un cortège d'excentriques. Seul le souvenir de la mère, une femme aux yeux gris, pénétrée de la sagesse des humbles, revient apaiser le tumulte de la mémoire. Et les ombres, enfin, peuvent se dissiper.
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