Jacqueline Briskin
Le palais du comte Paskevitch
Marya et son frère Boris, deux jeunes Américains d’origine russe, voyagent à bord d’un paquebot qui fait route vers Saint-Pétersbourg où les a invités leur oncle, le comte Ivan Paskevitch. Cet homme richissime et tyrannique vit dans un somptueux palais, sanctuaire où il entrepose bijoux et meubles de grande valeur. Fasciné par Marya, le comte a décidé de faire d’elle la pièce maîtresse de sa collection.
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Seules les larmes seront comptées
Parvenu à l'heure des bilans, le narrateur, directeur d'hôpital, se souvient que, trente ans auparavant, on avait exhibé devant les étudiants, dans un amphithéâtre déjà vétuste, aujourd'hui disparu, sa mère, presque mourante, un écriteau sur la poitrine. Et d'autres souvenirs reviennent qui font affleurer quelques figures d'Argentins : Gabriel, le kinésithérapeute aveugle, Nicolas, le frère, et même Eva Perón, haranguant du haut d'un tracteur une foule de miséreux. Mais très vite, sur la scène de la mémoire, c'est l'extravagant M. Moralès qui s'impose. Ancien grand couturier, tour à tour avide d'absolu et succombant à l'abjection, il entraîne dans son sillage un cortège d'excentriques. Seul le souvenir de la mère, une femme aux yeux gris, pénétrée de la sagesse des humbles, revient apaiser le tumulte de la mémoire. Et les ombres, enfin, peuvent se dissiper.
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