Yojana Sharma
Les Jardins de Mardpur
Il était une fois, au bord du Gange, dans la petite ville de Mardpur, un modeste marchand de saris qui voulait marier ses filles jumelles… Le pauvre homme, n’ayant point de dot à offrir à sa progéniture, décida d’écrire un roman à succès. Non loin de chez lui vivait Amma, une riche veuve qui possédait une bufflonne dont le lait détenait, disait-on, des vertus miraculeuses. Peut-être même celle de stimuler l’imagination d’un écrivain en mal d’inspiration… Malice, dérision, lyrisme : une fable qui exhale les mille saveurs de l’Inde.
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Parvenu à l'heure des bilans, le narrateur, directeur d'hôpital, se souvient que, trente ans auparavant, on avait exhibé devant les étudiants, dans un amphithéâtre déjà vétuste, aujourd'hui disparu, sa mère, presque mourante, un écriteau sur la poitrine. Et d'autres souvenirs reviennent qui font affleurer quelques figures d'Argentins : Gabriel, le kinésithérapeute aveugle, Nicolas, le frère, et même Eva Perón, haranguant du haut d'un tracteur une foule de miséreux. Mais très vite, sur la scène de la mémoire, c'est l'extravagant M. Moralès qui s'impose. Ancien grand couturier, tour à tour avide d'absolu et succombant à l'abjection, il entraîne dans son sillage un cortège d'excentriques. Seul le souvenir de la mère, une femme aux yeux gris, pénétrée de la sagesse des humbles, revient apaiser le tumulte de la mémoire. Et les ombres, enfin, peuvent se dissiper.
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