Victor Hugo
Ruy Blas
Ruy Blas déploie son intelligence et son éloquence, tant pour dénoncer et humilier une oligarchie accapareuse des biens de l’État que pour se montrer digne d’aimer la reine d’Espagne. Mais cette voix du peuple, éprise de justice, éclairée par l’amour, est prisonnière d’une livrée de valet et d’un maître attaché à perdre la réputation de la reine en lui donnant « son laquais pour amant ».
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L’enfance d’un poète
C’est sous les ors du palais de Madrid que nous rencontrons le jeune Victor, âgé de 9 ans, et ses deux frères, Abel (12 ans) et Eugène (10 ans). Pour suivre le général Hugo au service de la cour du roi Joseph-Napoléon Ier, toute la famille a rejoint la capitale espagnole. Mais ce quotidien fastueux est de courte durée… Premier coup de tonnerre : le général demande le divorce ! Deuxième coup de tonnerre : il a décidé d’envoyer ses fils en pension dans le sinistre collège des Nobles. Du jour au lendemain, ils doivent oublier leurs douces années parisiennes, où jeux dans le jardin et cours à domicile rythmaient le quotidien. C’est aux sombres dortoirs d’un couvent et à la tyrannie des religieux qu’ils vont devoir s’accoutumer. Ainsi s’oppose la largesse d’esprit de leur mère, toujours soucieuse d’inculquer à ses enfants le libre choix, et l’autorité despotique de leur général de père. Mais la guérilla qui secoue l’Espagne met plus rapidement que prévu un terme à leur exil. Fous de joie, Eugène et Victor retrouvent leur chère maison des Feuillantines et tous leurs amis, dont la charmante Adèle Foucher. Pour autant, ce ne sera qu’une parenthèse enchantée. Très vite, Victor et Eugène sont de nouveau placés en pension… Malgré cette vie austère, Victor mène de brillantes études et démontre déjà des talents de poète alors qu’à l’extérieur émerge un monde nouveau.
Ruy blas
” … Quel miracle que ta pièce, mon pauvre bien-aimé… Jamais je n’avais rien entendu de si magnifique… C’est une richesse, une magnificence, un éblouissement… mon esprit en est encore plus obscurci, comme quand les yeux ont trop longtemps fixé le soleil… ” Juliette Drouet. ” A propos, Ruy Blas est une énorme bêtise, une infamie en vers… ” Balzac. ” Quelle brusque et prodigieuse fanfare dans la langue que ces vers de Victor Hugo! ” Emile Zola. ” … ou Ruy Blas est une gageure contre le bon sens, ou c’est un acte de folie. ” Gustave Planche. En 1838, en moins d’un mois, Victor Hugo écrit un drame étincelant, flamboyant d’audace, de fantaisie, de ravissements sentimentaux, de fureur politique et de grandeur. Depuis lors, le coeur et la bravoure de Ruy Blas enthousiasment les générations. C’est au XVIIe siècle, à la cour d’Espagne, dans les ruines d’un empire qui s’écroule. Pour se venger de sa disgrâce, un ministre incite son valet à séduire la reine. Et nul n’ignore que le «ver de terre» va tomber amoureux de «l’étoile», que celle-ci va l’aimer follement et faire de lui un Premier ministre se prenant au jeu avec un courage et une droiture exemplaires.
Hugo savait tout de la mort des empires, de l’attrait des reines pour les domestiques, de la rapacité des gouvernants, de la dignité de l’être humain. Et de la magnifique symphonie de la langue française.
Claude Gueux
Claude Gueux est un court roman de Victor Hugo paru en 1834 et dénonçant les conditions de détention au 19ème siècle, la disproportion des délits et des peines à cette même époque, ainsi que la peine de mort. L'histoire est en partie fondée sur des faits de sa connaissance. Relation allégorique d'un drame individuel, cet ardent plaidoyer contre la peine de mort et contre la prison met à nu le mécanisme de la brutalité sociale qui ne sait répondre à la détresse que par la répression. Avec Claude Gueux, Victor Hugo n' est plus simplement romancier ou poète, il conquiert une place éminente auprès des plus grands orateurs de la Liberté.
Les contemplations
Édition enrichie (Présentation, notes, dossier sur l’oeuvre, chronologie et bibliographie)Les Contemplations, que Hugo fait paraître en 1856, sont à un double titre marquées par la distance et la séparation : parce quele proscrit qui, dans Châtiments, vient defustiger Napoléon III, est en exil à Guernesey ;mais aussi parce que le recueil, en son centre, porte la brisure du deuil, et ses deux parties – « Autrefois », «Aujourd’hui» -sont séparées par la césure tragique de l’année 1843 où Léopoldine, la fille de Hugo, disparut noyée. La parole poétique prend naissance dans la mort, et « ce livre », nous dit l’écrivain, « doit être lu comme on lirait le livre d’un mort ».
Mais Les Contemplations construisent aussi une destinée. Il se peut qu’elle emprunte à la biographie de l’écrivain ; on se tromperait pourtant à la confondre avec la sienne. Car si le lyrisme de Hugo touche à l’universel, c’est que le poète précisément dépouille ici l’écorce individuelle pour atteindre à l’intime : le sien propre et celui du lecteur qui saura ainsi se retrouver dans le miroir que lui tendent ces Mémoires d’une âme.

