
Un membre permanent de la famille
Un mari humilié qui rôde dans la maison de son ex-femme, un serveur déprimé qui invente à une inconnue une vie qui n’est pas la sienne pour la sauver d’un hypothétique désespoir, des hommes et des femmes qui, pour transcender leur existence ordinaire, mentent ou affabulent à l’envi, sous le soleil de Miami ou sous des cieux plus sombres… Dans ces douze nouvelles d’une extraordinaire intensité et peuplées de personnages cheminant sur le fil du rasoir, Russell Banks, convoquant les angoisses et les tensions où s’abîment les fragiles relations que l’être humain tente d’entretenir avec ses semblables, transmue magistralement le réel et le quotidien en authentiques paraboles métaphysiques.
La Cuisine des pharaons
La documentation iconographique de l’Egypte ancienne nous permet de connaître d’une manière assez précise la préparation des denrées essentielles, celles dont la production, le stockage et la redistribution étaient l’un des rouages du fonctionnement de l ‘Etat. De multiples témoignages nous informent aussi sur la mentalité qui présidait à la réalisation des plats. Mais, en l’absence de véritables recettes culinaires, on en est réduit à deviner quels modes de cuisson étaient privilégiés et quelles étaient les proportions des ingrédients. Fondé sur une profonde connaissance des sources de l’histoire de l’Egypte ancienne, mais aussi sur les recherches ethnologiques les plus récentes, cet ouvrage se propose de déterminer ce qui pouvait véritablement figurer sur la table de l’égyptien de l’Antiquité, qu’il s’agisse du pharaon lui-même et de son entourage ou du petit peuple. Sont ainsi présentées les différentes catégories de nourritures : la fabrication du pain et des gâteaux, la consommation des viandes et des poissons, celle des fruits et des légumes, les usages des corps gras, des sucres et des épices, la préparation des boissons légères ou alcoolisées (vins, bières)…
Incurables
Une jeune adolescente est retrouvée sauvagement assassinée dans la cellule d’isolement d’un foyer spécialisé. Un marteau ensanglanté est retrouvé sous l’oreiller de l’une des autres occupantes, une jeune fille troublée du nom de Nicky qui a disparu. C’est le début d’une terrible chasse à l’homme qui va mettre à mal les intuitions de l’inspecteur Joona Linna. Une jeune fille est assassinée dans la chambre d’isolement d’un centre de réhabilitation psychiatrique. Elle porte les traces de violents coups à la tête. Dans la grange voisine, on découvre le cadavre de l’infirmière de garde cette nuit-là, tuée à coups de marteau. Dépêché sur les lieux, l’inspecteur Joona Linna s’aperçoit rapidement que l’une des pensionnaires, Vicky Bennet, manque à l’appel. Sous son lit on retrouve des draps ensanglantés, et sous l’oreiller un marteau maculé de sang. Peu après, on signale le vol d’une voiture à bord de laquelle se trouvait un enfant de quatre ans. Les descriptions confuses fournies par la mère désemparée correspondent au signalement de Vicky…
A l’origine notre père obscur
Enfermée depuis son plus jeune âge dans la “maison des femmes”, une bâtisse ceinte de hauts murs de pierre où maris, frères et pères mettent à l’isolement épouses, sœurs et filles coupables — ou soupçonnées — d’avoir failli à la loi patriarcale, prise en otage par les mystères qui entourent tant de douleur en un même lieu rassemblée, une enfant a grandi en témoin impuissant de l’inéluctable aliénation de sa mère qu’un infini désespoir n’a cessé d’éloigner d’elle. Menacée de dévoration par une communauté de souffrance, meurtrie par l’insondable indifférence de sa génitrice, mais toujours aimante, l’abandonnée tente de rejoindre enfin ce “père obscur” dont elle a rêvé en secret sa vie durant. Mais dans la pénombre de la demeure du père, où sévit le clan, la guette un nouveau cauchemar où l’effrayant visage de l’oppression le dispute aux monstrueux délires de la névrose familiale dont il lui faudra s’émanciper pour découvrir le sentiment d’amour.
L’Amour et l’oubli
Chris, un écrivain sud-africain, aborde l'hiver de sa vie. Avant de perdre la mémoire, de ne plus percevoir l'importance des choses ou leur légèreté, avant d'oublier l'absence de son tout dernier amour et la mort si récente de sa propre mère, il revisite les belles années de son passé, évoque les femmes aimées et désirées qui, chacune à sa manière, ont accompagné sa vie d'écriture et de combats politiques – une vie de Sud-Africain blanc, enseignant, écrivain et militant, souvent en danger, emprisonné parfois, et toujours témoin révolté de son temps. L'Amour et l'Oubli est une autobiographie fictive, par le biais de laquelle André Brink rend hommage avec une évidente honnêteté au désir et à l'amour qui ont construit, nourri et régénéré l'homme – plus encore que l'écrivain – dans un pays brûlant de violences et d'engagements, de trahisons, de passions, d'exils et d'utopies.
Le sourire d’Isabella
Faut-il attribuer la vierge Wilhemstein à un maître oublié du XVe siècle, ou à l’étrange personnage qui peu à peu envahit le récit ?
Il y a vingt ans, deux jeunes Iraniennes de Téhéran, francophiles et francophones, deux sœurs, deux jeunes militantes, fuyaient la terreur des mollahs et la révolution qui dévorait ses propres enfants. “Téhéran vivait cette année-là ses jours les plus noirs, ses nuits les plus blanches. Après une première vague d’exécutions révolutionnaires d’hommes politiques et de ministres du Shah, le tour était venu des révolutionnaires de tout bord…” Après plusieurs tentatives rocambolesques, poursuivies par les gardiens de la révolution, les deux soeurs tenteront, au péril de leur vie, de quitter leur pays, à cheval, à travers les montagnes du Kurdistan iranien… Arrivées enfin en Turquie, elles rejoignent leurs parents réfugiés en France où, chacune d’elle vivra sa vie d’exilée – la narratrice ayant fait, cependant, un peu plus tard, un détour par Moscou et Tbilissi. Il lui faudra attendre deux décennies pour revoir son pays… bien changé ! Ce récit haletant, plein de rebondissements, vaut par la description, vécue de l’intérieur, de l’instauration du régime islamiste, par les péripéties romanesques et hautes en couleur de la fuite, l’évocation de l’Iran d’aujourd’hui, les attachants portraits de femmes iraniennes, et surtout par l’humour optimiste et combatif en toute occasion, qui permet de vivre et survivre… En Iran, plus que partout ailleurs, les femmes incarneront encore pour longtemps l’avenir de l’homme…
Les Bourgeois
Ils se nomment Bourgeois et leur patronyme est aussi un mode de vie. Ils sont huit frères et deux sœurs, nés à Paris entre 1920 et 1940. Ils grandissent dans la trace de la Grande Guerre et les prémices de la seconde. Aux places favorites de la société bourgeoise – l’armée, la marine, la médecine, le barreau, les affaires -, ils sont partie prenante des événements historiques et des évolutions sociales. De la décolonisation à l’après-Mai 68, leurs existences embrassent toute une époque.
Brandebourg
Brandebourg, thriller rural situé dans la région homonyme, au sein d’un village de l’ex-rda, a 70 kilometres de Berlin, dynamite et renouvelle le roman de terroir. Entouré de grands champs de blé, le village d’Unterleuten a connu le regroupement des terres en coopératives d’État et, apres l’effondrement de la rda, les démarches compliquées de la restitution des biens collectivisés. A l’été 2010, un projet de parc éolien menace la paix de la petite commune ou des Berlinois romantiques qui ont effectué un retour a la terre côtoient des paysans du cru et leurs familles. Une véritable partie d’échecs s’engage pour obtenir les dix hectares nécessaires a ce parc, qui rapporterait 150 000 euros chaque année au propriétaire. Peu a peu, les principaux “joueurs” se dévoilent et peaufinent leur stratégie. De vieilles rancunes et d’anciennes rixes refont surface…
La Vie d’une autre
Marie a vingt-cinq ans. Un soir de fête, elle rencontre le beau Pablo. Elle passe la nuit avec lui et se réveille à ses côtés … douze ans plus tard ! Mariée et mère de trois enfants, elle n’a aucun souvenir des années écoulées. Comment faire pour donner le change ? Et comment retrouver sa vie ?
Mal-aimé, méprisé, mais bien décidé à forcer son destin, le jeune et délicat Lucien Minor, dit Lucy, quitte sans regret sa bourgade natale pour aller prendre l’improbable poste de sous-majordome au château von Aux, lugubre forteresse sise au coeur d’un massif alpin. Avec pour tout bagage son costume râpé et une pipe nouvellement acquise dont il ne sait se servir sans provoquer l’hilarité générale, le voilà qui fait son entrée au château sous la houlette de l’énigmatique M. Olderglough. Très peu sollicité, Lucy a tout le loisir de découvrir que ces lieux inquiétants, en apparence inhabités, recèlent les plus noirs secrets, et de faire la connaissance d’une population locale haute en couleur : voleurs invétérés, fous à lier, aristocrates dépravés, mais surtout Klara, dont il tombe éperdument amoureux, se plaçant ainsi en périlleuse concurrence avec le bel Adolphus…
Le grand soir
Illustre et décrié, vieillissant et proscrit, Gustave Courbet croise un soir à Genève une prostituée, Mona, en qui il croit reconnaître une amante de jadis, la belle Jo – celle qui donna naissance à L'Origine du monde, l'oeuvre maîtresse de sa peinture… Mona n'est pas Jo, mais qu'importe : ivre d'amertume et de solitude, devant cette femme de hasard, le temps d'une nuit Gustave Courbet se raconte, laisse déferler ses utopies et ses désillusions, sa colère et sa honte, son égoïsme, ses échecs, la tempête de ses passions. Car il aura mis à peindre, à jouir ou à lutter, toute la puissance de sa nature, toute la véhémence de sa révolte – lui, l'artiste libertaire, l'ami du peuple, le communard – compagnon de Proudhon, camarade de Vallès… Mona l'écoute, soudain se cabre – la Commune de Paris ? Pour l'avoir vécue, elle a beaucoup à en dire. N'y a-t-elle pas perdu son père et ses frères ?
