
La gribouille
1880. Dans cette Acadie lointaine qui s’éveille de son long sommeil colonial, Pélagie-la-Gribouille est un personnage. Epoux, enfants, cousins, parentèle, il n’est pas un habitant du Fond-de-la-Baie sur qui elle ne règne avec l’autorité qu’elle tient sans doute de son aïeule, l’héroïne légendaire du Grand Dérangement. Mais il suffit que débarquent entre Cocagne et Barachois un Jérôme-le-Menteux, porteur d’espoirs mirobolants, ou le mystérieux Renaud à la jambe de bois, un Français de France qui va ouvrir à la connaissance les esprits et les cœurs de ces pêcheurs candides, pour que Pélagie et les siens soient emportés vers d’étranges aventures maritimes et sentimentales, doublées d’une course au trésor fertile en réjouissantes surprises. Au bout du chemin, c’est tout de même l’amour qui aura le dernier mot, tandis que surgissent à la conscience d’eux-mêmes un peuple et une province qui n’ont pas fini de nous étonner.
Pélagie-la-Charrette
Chassée par les Anglais en 1755, une veuve, devenue esclave en Géorgie, décide de revenir en Acadie avec ses enfants. Rejointe par d’autres exilés, son odyssée de toutes les amours, de tous les dangers, durera dix ans. De Charleston à Baltimore, en passant par les marais de Salem, Pélagie et son peuple croiseront les Iroquois, connaîtront la guerre d’Indépendance américaine, souffriront la haine des protestants de Boston et un hiver rigoureux avant de regagner leur Terre promise. On ne sait ce qu’il faut admirer le plus de cette épopée : la langue d’Antonine Maillet, ce français ou l’héroïsme d’une femme incarnant le courage de nos lointains cousins. Une certitude cependant : par son humour, sa ferveur, Pélagie-la-Charette est un chef-d’œuvre à rire et à pleurer.
