
Histoire de l’Aviation
ATTENTION : CE LIVRE A ETE EDITE EN 1997.
Sept années d’enquête ont présidé à la rédaction de L’HISTOIRE DE L’AVIATION, menée d’une part dans les archives spécialisées ou privées, chez les avionneurs, les principales compagnies aériennes et les grands aéroports, et d’autre part auprès même de certains acteurs de l’aventure aérospatiale ou de leurs descendants.
Bernard Marck est journaliste et historien, spécialiste de l’aviation.
Sur près de 600 pages et avec plus de 900 illustrations – dont 250 en couleurs – L’HISTOIRE DE L’AVIATION retrace l’aventure aérienne et spatiale depuis ses origines jusqu’à nos jours.
– De l’homme-oiseau au dirigeable
– La belle époque de l’aviation
– L’aviation de 1914 à 1918
– L’âge d’or des années folles
– L’aviation de 1939 à 1945
– La nouvelle paix
– Les conséquences aéronautiques de la guerre froide
– La planète hélicoptère
– Le grand essor des aéroports
– Les avions de ligne
– L’aviation légère
– Les secrets de l’aviation militaire
– L’espace
Le siècle des nuages
« Ils descendaient depuis l’azur, laissant vers le bas grossir la forme de leur fuselage, traçant doucement leur trait au travers des nuages. Le vrombissement des quatre moteurs, juchés sur le sommet des ailes, enflait, vibrant dans le vide, résonnant jusqu’à terre. Leur ventre touchait enfin la surface de l’eau, projetant à droite et à gauche un panache puissant qui retombait en écume, bousculant tout avec des remous épais qui dérangeaient les barques amarrées et remontaient haut sur le bord des berges.
C’était l’été sans doute. Les vacances étaient déjà commencées. Il avait couché son vélo dans l’herbe toute brûlée par la chaleur du soleil. Peut-être attendait-il allongé sur le sol ou bien se tenait-il assis sur un ponton, les jambes se balançant au-dessus du courant très lent. À perte de vue, le grand ciel bleu du beau temps recouvrait le monde. Il regardait descendre vers lui le signe en forme de croix de la carlingue et des ailes. Lorsque l’avion heurtait l’eau, le choc le ralentissait net. Forant dans le fleuve une tranchée immatérielle, il creusait son sillage entre les rives, rebondissant formidablement d’avant en arrière, basculant sur l’un et puis l’autre de ses flancs, oscillant sur ses deux flotteurs jusqu’à ce qu’il s’arrête enfin : rond avec son ventre vaste comme celui d’une baleine, inexplicable parmi les péniches et les navires de plaisance, immobile comme un paquebot étrange mouillant au beau milieu des terres. »
