
Je rigolerais qu’il pleuve
« Le vendredi, c’est le jour où je branche mon réveil pour ne pas louper les chroniques de François Morel sur France Inter… Pendant quelques minutes, François nous réconcilie avec la réalité qui nous entoure, il met du baume sur notre mal au monde. » C’est Yolande Moreau, l’amie de toujours, qui parle ainsi, et ils sont nombreux ceux qui, comme elle, attendent leur indispensable bouffée d’air frais, leur dialyse, leur dose d’antidote à la morosité ambiante. Ce recueil regroupe les chroniques diffusées entre septembre 2013 et juin 2015, avec quelques bonus. On y retrouve la lettre à Patrick Pelloux, l’évocation du pont des Arts, l’ode à Luchini, la fête du slip, quelques nouvelles du Bon Dieu et le fameux merci au pigeon qui, lors de la grande manifestation du 11 janvier 2015, avait heureusement réenclenché la machine à rire.
Mon best of
Il n’est pas méchant, il est infernal ! Au théâtre, à la radio, à la télévision, dans ses livres, il tire sur tout ce qui bouge et même sur ce qui ne bouge plus. Chaque année révolue devient, sous sa plume insolente, un cocktail livresque détonnant et roboratif. Dix ans d’énormités rocambolesques, dont l’humour nous avait parfois échappé. Tout le monde en prend pour son grade : acteurs, politiciens, journalistes, astrologues, sportifs, princesses en mal d’amour et chevaliers d’industrie en prison quatre étoiles. Et ça fait mouche à tous les coups : l’élection présidentielle, les couacs de la cohabitation, les affaires, les Verts, l’extrême droite, les mesures antipollution, la réduction du temps de travail, le foot… A la lecture de ce best of incluant les derniers inédits de la saison 2001, véritable anthologie en forme d’éclats de rire, notre passé récent se transforme en souvenir radieux. ” Du concentré de poil à gratter, hilarant, souvent grinçant, toujours décapant. Et salutaire. ” L’Yonne républicaine Egalement chez Pocket : il faut savoir changer de certitudes, je ne vais pas me gêner, Vu à la radio et C’est chronique.
J’vous ai apporté mes radios
Le revoilà, ça y est ! Plus besoin de s’enfermer dans les toilettes, portable coupé et poste de radio sur les genoux branché sur France Inter entre 12h15 et 12h35 pour retrouver le chouchou des auditeurs (et le nôtre !), Guy Carlier. Cette fois, il nous a “apporté ses radios”. Chroniques faites pour France Musiques ou pour l’émission du “Sept-neuf” de France Inter entre janvier et juin 2002, on retrouve ce qui fait le talent (génial) de Carlier : un humour décalé, humain, acide et grinçant selon qu’il s’attaque à un “jeune madeliniste” ou qu’il raconte Marguerite dans sa maison de retraite. Car Carlier, ne nous y trompons pas, est un tendre humaniste. Un bon, un gentil, un humain exigeant. Sa colère devant le cynisme de certains est à la hauteur de la poésie acide devant d’autres, plus fragiles. Certaines lettres sont de véritables nouvelles. Derrière toutes, il y a l’amour. Des autres, des femmes, de la vie. On croise Marianne Faithfull ou Pierre Boulez, on rit des paroles des chansons d’Obispo ou de Marc Lavoine, décortiquées par un Guy en grande forme. On pleure devant l’organiste monsieur Minois ou devant Yvette du café-tabac d’Argenteuil. Bref, on vit, on rit, on réfléchit. Et on découvre une plume véritable, touchante et une dédicace à son papa…
Ailleurs et autrement
Le présent volume rassemble une trentaine de textes très divers d’Annie Le Brun. Constitué d’une vingtaine de chroniques libres parues dans la Quinzaine littéraire entre 2001 et 2007 et d’une dizaine d’autres écrits (préfaces, contributions à des colloques et des catalogues d’exposition, etc.), Ailleurs et autrement balaie un spectre très large. Des observations sur la langue des médias (« Langue de stretch ») côtoient des réflexions sur l’alimentation (« Gastronomie : qui mange qui ? »), une tentative de réhabiliter des auteurs oubliés tels Éric Jourdan ou François-Paul Alibert (« De la noblesse d’amour ») alterne avec des attaques contre le « réalisme sexuel » et l’appauvrissement de nos horizons littéraires et culturels. Des expositions vues et des livres lus, souvent des rééditions d’oeuvres rares, alimentent une pensée en perpétuel mouvement qui s’intéresse autant à des figures comme José Bové (« La splendide nécessité du sabotage »), à la déforestation en Amazonie, la lingerie de Chantal Thomass ou encore les céréales transgéniques. Annie Le Brun puise le plus souvent ses références dans le surréalisme ou encore dans l’oeuvre d’Alfred Jarry pour mieux se moquer du ridicule de notre temps et s’insurger contre les insuffisances de notre société, et elle le fait avec un esprit critique aiguisé qui ne manque jamais d’humour. Son envie d’en découdre avecles modes intellectuelles de notre époque s’exprime avec panache, et ce petit volume devrait par conséquent ravir tous ses lecteurs.
