
“”Dans cette recherche, le polyglotte sénégalais Ahmed Khalifa Niasse se donne pour objectif général de faire connaître et sa position sur l’origine du wolof qu’il présente comme un carrefour de langues aussi bien africaines, européennes qu’asiatiques, et le résultat des échanges linguistiques entre le français et ce wolof, deux langues qui vivent ensemble depuis déjà très longtemps au Sénégal. (…) L’étude est bien menée, remarquablement structurée. Elle présente d’abord le peuple wolof, son origine et sa répartition sur le territoire sénégalais. Ensuite la langue wolof pour laquelle elle s’est intéressée tour à tour à l’apparentement linguistique, aux contacts avec les langues environnantes, aux différents parlers. Après un bref rappel des différentes phases d’occupation coloniale du Sénégal, M. Niasse a, par la suite, posé la problématique des héritages linguistiques qui en ont résulté. C’est ainsi qu’il a mis en relief les apports hollandais, portugais, anglais et français au wolof, avant de se consacrer à l’inventaire des emprunts wolof au français, riche de près de mille deux cents (1200) mots relevant de divers domaines de la vie. Un lexique dit étymologique clôt enfin l’étude.””
Instructions nautiques du fleuve Sénégal
275 EUROS – Edition originale illustrée de 69 planches hors texte en couleurs. Ce livre est relié, plein cuir marron en état correct.
Publication émanant du Gouverneur Général de l’Afrique Occidentale française, M. William Ponty.
Elle comprend, sur double-page, une carte générale de la partie balisée du fleuve Sénégal, un plan du port de Saint-Louis et un du port de Kayes, 4 planches de signaux, des exemples de balisage, une échelle de crue et une carte détaillée du balisage, en 57 planches, le tout en couleurs.
Colonie du Sénégal. Direction des Travaux Publics. Instructions nautiques du fleuve Sénégal d’après les travaux de la mission de balisage, 1906-1907-1908
Cette fiction politique internationale a pour point de départ le génocide rwandais de 1994, mais le cœur du combat bat à Dakar. Et plus précisément à l’UCAD (l’université Cheikh Anta Diop), où le professeur d’anglais Issa et l’étudiant Marx forment un improbable et remarquable binôme qui donnera naissance à un mouvement pour l’arrêt du génocide. D’abord national, ce mouvement se propagera en Afrique avant de toucher le reste du monde.
Chefs-d’oeuvre de la donation Barbier à la collection Eiffage Sénégal
Catalogue de l’Exposition / Décembre 2019 – Janvier 2020
Monsieur Henry barbier a rassemblé cette collection exceptionnelle pendant les dernières années de son long séjour au Sénégal, de 1948 à 2009. Elle est en majorité constituée d’un nombre important d’oeuvres d’artistes sénégalais appartenant au mouvement historique des arts contemporains du Sénégal, dit “L’Ecole de Dakar”.
Quelle(s) Afrique(s) demain ?
Préface de Jean-Pierre RAFFARIN
Avant-propos de Patrick GUILLAUMONT
« On ne sort de l’ambiguité qu’à son détriment », aimait dire François Mitterrand. Le défi de l’Afrique au XXIe siècle est de faire mentir cet aphorisme. Car elle ne peut plus se permettre le charme discret de l’ambiguité, d’être à la fois le continent à la croissance la plus soutenue du siècle et celui où 700 millions d’habitants n’ont pas accès à l’électricité, celui de promesses de développement à portée de la main et d’une insécurité accrue qui entrave tout essor.
Ayant en un demi siècle quintuplé sa population, le Bénin, qui a réduit de 80% à 30% son taux de pauvreté, se retrouve avec une fois et demie plus de pauvres qu’il n’avait d’habitants en 1960.
Le séisme démographique qui s’élève des profondeurs de l’Afrique pose un défi d’une magnitude inconnue jusque là : le rythme de la croissance économique, meilleur que jamais, n’est plus à l’échelle. Il ne laisse pas d’autre solution que de parier sur l’avenir et de relever le défi du développement et de la sécurité aussi indissociables que les deux faces d’une même monnaie.
L’essor spectaculaire des nouvelles technologies, dont les réseaux sociaux sont un des effets les plus immédiats, l’affirmation de la société civile, et l’implication bénéfique des diasporas africaines dans le destin du continent autorisent l’espoir d’y parvenir, moyennant un peu d’audace et beaucoup de résolution.
Il faut pour cela s’y mettre tous, tout de suite, et en grand. Le but des cinquièmes journées des « bonnes nouvelles d’Afrique » tenues à Bordeaux les 1er et 2 juin 2017 était d’en souligner l’urgence et d’en donner le goût.
Coups de pilon
Il est rare que s’allient la maîtrise du verbe et la profondeur de l’émotion que s’accordent la distance et le don. En cette harmonie paradoxale le meilleur se révèle. La parole de David Diop témoigne de ce lieu admirable et difficile. David Diop savait l’Afrique par coeur, au plus profond d’elle-même, en ses sources vives, en son peuple, c’est-à-dire en sa vérité. Il la connaissait en sa fragilité et en ses caricatures, avatars d’une Afrique vendue et exploitée aux marchés de l’Histoire.
Le marabout de la sécheresse
Dans ce voyage au coeur de la condition humaine, C.A. NDAO nous emmène dans l’univers de personnages aussi vrais que nature, aussi captivants qu’attachants. En 7 nouvelles, nous voilà entraînés chez les habitants d’un quartier “déguerpi”, auprès d’un marabout véreux, puis à la rencontre d’un amoureux des hommes, d’un servant pour laissés-pour-compte.
Histoires d’amour ambigües, compassion, cruauté, toutes les passions humaines sont exprimées dans ce beau recueil.
La bouche qui mange ne parle pas
À Libreville, les fumeurs de yamba se font passer le goût du manioc par des flics zélés, les lucioles battent le pavé pour quelques biftons qui ne font plus briller leurs yeux depuis longtemps, et on murmure que certains politiciens n’hésitent pas à recourir aux meurtres rituels pour se maintenir au pouvoir.
Au Gabon, les périodes électorales sont tendues, mais juteuses… Du moins pour ceux qui savent en profiter, comme Tito. Et ça tombe bien, son cousin Solo sort tout juste de prison et est prêt à accepter n’importe quel fric-frac bien payé. Mais ce que Solo ne sait pas, c’est que pour y participer, il lui faudra vendre sa honte aux chiens…
Dédié à l’art, les femmes et l’Afrique – Français/Anglais
La première partie de ce nouvel opus, IAM Sénégal est une plongée audacieuse et passionnante au cœur du Sénégal d’hier et d’aujourd’hui dans les domaines de l’art de la mode, et du design. Parmi notre sélection, retrouvez les parcours et les créations d’Aïssa Dione, N’Goné Fall, Kër Thiossane, Khadidiatou Sow, Ken Aïcha Sy, Ousmane Sow, Omou Sy, Soly Cissé, Fabrice Monteiro, Mata Nataal, Selly Raby Kane, Adama Paris, etc… Les images d’Ina Thiam, Elise Fitte Duval ou encore Malyka Diagana illustrent le travail de jeunes photographes engagées. Enfin et en exclusivité pour IAM, Antoine Tempé et MIS Wude conçoivent une série photo inédite.
La seconde partie, IAM in the world, se penche sur les nouvelles vibrations de la mode africaine, sur le talent de jeunes designers ou encore sur ces projets innovants qui mettent la création d’Afrique au centre du débat. Parmi eux : Sindiso Khumalo, Sara Ouhaddou, Renee Rossouw, Audrey Forson, O’Milua, Rose Palhares, Gozel Green, Cécile Fakhoury et d’autres encore… IAM prend le pouls de l’Afrique contemporaine à travers une sélection d’événements et de manifestations, des biennales de Dakar et Marrakech en passant pas l’Armory Show de New-York, etc… Nous suivons l’échange inédit, autour de leur approche artistique des deux artistes sud-africains Mary Sibande et Wim Botha, porté par Eva Barois De Caevel.
IAM – Intense Art Magazine is the first artistic platform that celebrates women in the fields of visual arts, fashion, design and architecture in Africa, as well as the first artistic space focusing on women as an artistic subject. IAM – Intense Art Magazine is built on interactions; on people from different cultural, social and educational backgrounds coming together in one place to create intellectual bridges and further connections; and on a richness of exchanges and collaborations that stimulate opportunities for personal reflection, critical thinking and development. We pride ourselves on being a source of transmission among, and across, generations and continents in our goal to discover and explore the profusion of African contemporary creativity and to make the extraordinary achievements of women and artists visible and accessible at all time.
54 Contes d’Afrique (Partie 2) – Livre neuf
LIVRE NEUF EN DEPOT-VENTE / ULTIMES GRIOTS
« 54 Contes d’Afrique » propose une étonnante collection d’histoires qui couvrent l’intégralité du continent africain, des dunes de sable du Nord aux jungles luxuriantes de la région centrale. Chaque récit donne vie aux riches traditions de narration qui ont été transmises de génération en génération, avec un casting dynamique de personnages, des animaux parlants aux êtres mythiques, chacun partageant une sagesse intemporelle et des leçons de vie.
Avec chaque histoire, votre enfant va :
Acquérir une connaissance culturelle : Présentez à votre enfant les cultures, les langues et les enseignements moraux dynamiques des nations africaines, favorisant une perspective mondiale et une empathie culturelle.
Développer le raisonnement moral : Les contes sont imprégnés de dilemmes et de résolutions éthiques qui encouragent les jeunes esprits à réfléchir de manière critique au bien et au mal.
Stimuler l’imagination : Les éléments fantastiques et les descriptions riches stimuleront l’imagination, encourageant la créativité et l’amour de la narration.
Chérir l’héritage culturel : Spécialement pour les enfants de la diaspora africaine, ces contes servent de pont vers leur héritage ancestral, offrant un sentiment de fierté et d’appartenance à travers les histoires chéries de leurs ancêtres.
Parfait pour la lecture à voix haute ou pour que les enfants plus âgés lisent de manière indépendante, ce livre est conçu pour être une passerelle vers des discussions sur les valeurs, les décisions et les conséquences qui en découlent. « 54 Contes d’Afrique » n’est pas seulement un livre ; c’est un outil pédagogique qui divertit tout en enseignant, ce qui en fait un ajout précieux à la bibliothèque de tout enfant.
27 pays : Djibouti, Érythrée, Soudan du Sud, Rwanda, Seychelles, Botswana, Comores, Eswatini, Lesotho, Madagascar, Malawi, Namibie, Zambie,
Libye, Maroc, Mauritanie, Centrafrique, Gabon, Sao Tomé et Principe, Tchad, Cap-Vert, Gambie, Libéria, Niger, Sénégal, Guinée, Togo
Le 6 avril 1994, le tir d’un missile SAM 16 cause l’explosion d’un avion Falcon 50, ayant appartenu au prsident Franois Mitterrand, et tue deux chefs d’Etat africains, leurs collaborateurs et troisFranais l’aroport du Rwanda. A la suite de cet attentat terroriste, un effroyable massacre et une catastrophe humanitaire plongent l’Afrique centrale dans l’horreur et le chaos. Quelques mois plus tard, le Conseil de Scurit des Nations Unies cre un Tribunal Pnal International pour juger les responsables de crimes de gnocide et de crimes contre l’humanit au Rwanda. Ds le dbut des procs, le dossier de l’attentat est brutalement cart par le procureur Louise Arbour. Il ne sera plus ouvert par son successeur Carla del Ponte. Pourquoi cet avion abattu, qui a dclench le gnocide, est-il ignor, rang et class sans suite, dans les tiroirs du Tribunal, prs de dix ans aprs les faits Pourquoi, ce jour, aucun criminel tutsi n’est poursuivi par la justice alors que plusieurs milliers de hutu croupissent en prison depuis quatre six ans sans jugement Pourquoi l’actuel prsident du Rwanda, le dictateur Paul Kagame, souponn d’tre l’auteur de cet acte terroriste, menace-t-il la France et le juge Jean-Louis Bruguire, charg de l’enqute sur cet attentat Pour comprendre les contradictions de la lutte contre le terrorisme, la monte du mensonge d’Etat et les liens que des terroristes ont parfois avec l’Occident, plusieurs experts, diplomates, hauts fonctionnaires de l’ONU, journalistes d’enqutes et avocats ont dcid de rompre la loi du silence.
Notes d’Afrique relate l’essor de la musique populaire sur le continent. Le livre couvre les évènements et les styles musicaux qui se sont développés depuis les années 60, jusqu’aux années 80 lorsque que le terme « World Music » a été inventé comme label marketing et que des musiciens africains, notamment Youssou N’Dour et ses contemporains, sont apparus sur la scène internationale, et la dominance d’Afrobeats de la période contemporaine. Jenny Cathcart nous offre, à travers son expérience personnelle et son travail aux côtés de Youssou N’Dour, des portraits et des histoires de la vie de tous les jours et leur influence sur la musique en Afrique. Il en résulte de nouvelles perspectives pour la culture contemporaine, la religion et la politique, aussi bien pour le développement que pour de futures collaborations sur le continent et dans sa diaspora.
Touaregs du Niger – Le destin d’un mythe
Si la signature d’accords de paix (Niamey, 24 avril 1995) mit fin à la rébellion touarègue au Niger, le problème posé par l’insertion de cette société dans un Etat et une économie moderne ne semble pas pour autant résolu. A travers l’étude du développement de la région d’Agadès, l’auteur comprend une histoire politique et économique du pays touareg nigérien. Cette genèse met à nu les mécanismes qui ont amené l’accumulation des groupes marchands arabes, haoussas et djermas-songhaïs et ceux qui ont conduit à la marginalisation de la communauté touarègue qui n’a pas pu, ou su, s’insérer dans le nouveau tissu économique mis en place dès l’époque coloniale.
L’ouvrage, qui se défend de tout parti pris, s’efforce de souligner les terribles défis que doivent relever les Touaregs afin de mettre fin à leur situation de sous-développement. A l’aide de l’Etat nigérien et des bailleurs de fonds internationaux, un sursaut salvateur s’impose pour que cette société prenne enfin sa place dans le monde contemporain et ne devienne pas le figurant d’un merveilleux décor parcouru par des touristes avides d’exotisme. La marche de l’histoire ne l’attendra pas…
Histoire des Mandingues de l’Ouest
Nous ne disposons pour ce faire que des seules traditions malinkés, mais celles-ci sont unanimes pour situer l’arrivée des Mandingues vers 1240, quand Soundjata lança ses armées à la conquête de l’Ouest. Ce royaume connaîtra cependant son vrai développement du XIIIe au XIXe siècle. Il englobait alors la région de haute et moyenne Casamance ainsi que le cours supérieur du fleuve Koliba.
L’affrontement final avec les Peuls, en 1867, fut fatal au Gabou et causa la chute de sa capitale, Kansala. Une des premières conséquences en fut le triomphe de l’Islam dans la région. Mais la victoire peule allait être suivie de près par les conquêtes coloniales et le partage du Gabou.
Le présent ouvrage est l’aboutissement des recherches et des travaux de Djibril Tamsir Niane, professeur et spécialiste de l’histoire mandingue et auteur du récit Soundjata ou l’épopée mandingue (Présence Africaine).
Soly Cissé – Réflexivité – Maturité
L important ouvrage concernant cette rétrospective présente dans un grand format et sur 200 pages une belle palette de l immense variété de création de cet artiste inspiré. Format 39 cm * 28 cm
Cet ouvrage impressionnant a été publié à l’occasion de l’exposition SOLY CISSE – REFLEXIVITE – MATURITE de 2008.
Dix années de sa vie en peinture, c’est ce que Soly Cissé a voulu livrer au public. Du 11 avril au 4 mai 2008, les cimaises du Musée d’art contemporain de l’Ifan abritent les toiles de l’artiste.
Au premier regard, un petit frisson, mélange de frayeur et de stupéfaction. L’on recule puis avance, mu par une indicible curiosité et comme happé par cet étrange décor façonné par l’artiste Soly Cissé. Il y a de la nuit dans ses oeuvres et l’action créatrice rencontre la dimension divine du geste. Car le noir, symbole de néant et d’absolu, d’obscurité aussi, délimite le vaste champ des possibles : ‘Le monde à l’origine n’était qu’obscurité.
Elégies pour Nicolas
Elégies pour Nicolas est un condensé de douleur que les larmes n’ont pas suffit à atténuer. Véritable éphéméride du malheur, ce recueil couvre les jours sans soleil qui ont suivi ce triste 10 janvier 2006 et se referme quasiment sur l’anniversaire de cette date fatidique. A travers des vers chargés de regrets, certes, mais éclairés par l’amour et l’espérance, une présence survit à la mort ; tel est le message livré dans ces poèmes.
Une histoire illustrée de la Commission des Affaires Africaines de l’Union Internationale du Notariat et de ses activités de 1989 à 2013.
Edité à l’occasion de son 25ème Congrès – Anniversaire à LOME (TOGO) en Novembre 2013
Daniel-Sédar Senghor a tenu à réunir ses archives personnelles et ses souvenirs pour en graver la mémoire dans le marbre de cet ouvrage.
Carnets secrets d’une alternance
Ces instants où le destin d’un pays oscille
Dans les «Carnets secrets de l’alternance», l’ancien ministre sénégalais de l’intérieur, le général Lamine Cissé livre sa vision des heures qui ont précédé la proclamation de la victoire électorale d’Abdoulaye Wade.
Il est 23h40 le soir du 19 mars 2000 quand le général Lamine Cissé, ministre de l’intérieur décide d’annoncer au président Diouf qu’il a perdu l’élection présidentielle. «La situation est difficile pour vous et pour votre parti», commence le ministre de l’intérieur. L’entretien téléphonique va durer 20 minutes. Lorsque les deux hommes raccrochent, le président sortant Abdou Diouf a accepté sa défaite. Voici l’épisode central du passionnant livre écrit par le général Lamine Cissé. Un livre qui lève un coin de voile sur le second tour de l’élection présidentielle du 19 mars 2001 qui a vu la victoire de Me Abdoulaye Wade mettant fin ainsi à une opposition de vingt-six ans.
Né à Mopti au Mali en 1954, Saibou Maiga a été reçu au baccalauréat avec la mention Assez Bien, au lycée de Badala Série Sciences Biologiques en 1972. Il éffectua ses études supérieures à l’Université catholique de Louvain en Belgique et à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar au Sénégal où il a obtenu les diplomes de pharmacien…
Témoignage d’un médecin nomade, de sa pratique médicale en Afrique : la Mauritanie, l’hôpital de Dakar, une institution originale L’Abreuvoir, ce carrefour d’idées et d’amitiés sur fond de grande indépendance d’esprit.
Casseurs de solitude
Invité à Arras pour observer la banlieue, Diéri Dieng, jeune sociologue de la banlieue de Dakar, passe en revue les problèmes avec lesquels se débattent quotidiennement les Français issus de l’immigration. Il fait la connaissance de Taro Niang, une beauté métisse d’origine sénégalo-capverdienne qui est née et a grandi en France et ne connaît rien de l’Afrique noire. Pour aller à la découverte du pays de ses ancêtres, Taro s’accroche à Diéri comme à une bouée de sauvetage.
La condamnation du Hissein Habré pour crimes contre l’humanité a été décrite comme « un tournant pour la justice des droits humains en Afrique et au-delà ». Pour la première fois, un criminel de guerre africain était condamné sur le sol africain. Pour avoir, dès le début, suivi le procès et interrogé de nombreuses personnes impliquées, la journaliste Celeste Hicks raconte la remarquable histoire de la manière dont Habré a été traduit en justice. Sa condamnation fait suite à une campagne héroïque de 25 ans menée par des militants et des survivants des atrocités de Habré qui a abouti, malgré l’indifférence internationale, l’opposition des alliés de Habré et plusieurs tentatives infructueuses de le traduire en justice en Europe et ailleurs. Face à de telles difficultés, la condamnation d’un dirigeant, autrefois intouchable, représente un tournant majeur, et a de profondes implications pour la justice africaine et l’avenir de l’activisme pour les droits humains dans le monde.
Du nord au sud du Sahara – cinquante ans d’archéologie française en Afrique de l’ouest et au Maghreb
Actes du colloque du 13 et 14 mai 2002 à Paris : le point sur la recherche archéologique française depuis 50 ans avec le concours des meilleurs archéologues mondiaux. Un ouvrage de fonds qui aborde les dernières découvertes réalisées à ce jour.
Vivre avec le sida après l’apartheid
Alors que l’Afrique du Sud était enfin libérée du régime d’apartheid et désignait en 1994 son premier président démocratiquement élu, l’épidémie du sida explosait pour atteindre au début des années 2000 près de 20% de la population générale. La jeune nation démocratique se trouva ainsi contrainte de se cosntruire en négociant avec l’héritage de plus de cent ans de politique raciste et inégalitaire ainsi qu’avec un contexte épidémiologique sans précédent. Comment les Sud-Africains des townships – principales victimes du régime d’apartheid et du sida – réussissent-ils à vivre cela au quotidien ? Quelles peuvent être leurs espérances alors que les soins permettant de survivre au sida ne sont pas disponibles ?
Pour répondre à ces questions, l’auteur a effectué une ethnographie du quotidien en ne se limitant pas à la question du soin ou de la mobilisation politique. Il a accordé sa préférence non pas aux métadiscours sur le sida, la violence ou la sexualité, mais à l’analyse de la façon dont les personnes affectées se construisent une vie digne jusque dans la mort. La présente étude essaie donc de saisir dans l’Afrique du Sud contemporaine les modalités inédites d’inscription dans le monde (nouvelles notions de famille, logiques économiques, intimité du couple, expérience du volontariat…).
Les contraintes que rencontrent les individus dans cette entreprise imposent également de reconsidérer le pardon promu par la commission vérité et réconciliation qui consacre l’avènement de la démocratie et invite à souligner la nécessité de son articulation à une expérience de justice sociale.
Une Ame de Chef (Joost Van Vollenhoven)
Cette édition a été une initiative de l’Amicale des Anciens Elèves du Lycée Van Vollenhoven de Dakar. Depuis 1984, il porte le nom de Lamine Guèye. Ouvrage du capitaine Joost Van Vollenhoven, gouverneur général des colonies, tué à l’ennemi le 20 juillet 1918. Gouverneur général d’Indochine puis de l’Afrique-Occidentale française (AOF), il s’est distingué notamment par son refus de procéder au nouveau recrutement de troupes indigènes demandé par Clemenceau et Maginot en 1917 : “Les opérations de recrutement qui ont eu lieu de 1914 à 1917 en AOF ont été excessives dans leurs résultats comme dans leurs méthodes… Aucun nouveau recrutement n’est possible tant que la Colonie ne sera pas complètement en mains et que la population n’aura pas repris une suffisante confiance en nous pour ne plus redouter les abus du récent passé.” (rapport à Maginot à propos du Sénégal). Le 29 septembre 1917, auprès de René Besnard, successeur de Maginot à la tête du ministère des Colonies, il insiste avec plus de ferveur encore : “Je vous supplie, Monsieur le Ministre, de ne pas donner l’ordre de procéder à de nouveaux recrutements de troupes noires. Vous mettriez ce pays à feu et à sang. Vous le ruineriez complètement et ce, sans aucun résultat. Nous sommes allés non seulement au-delà de ce qui était sage, mais au-delà de ce qu’il était possible de demander à ce pays.”
Le blanc et la noire
Il y a le Blanc. Il y a la Noire. Sébastien et Estelle constituent ce que certain appellent un couple ” domino “. Jeunes mariés, à peine un demi-siècle d’âge à eux deux, ils se confient sans se soucier d’emblée de la couleur de la peau de l’autre. Or, le racisme, qu’il soit spectaculaire ou ordinaire, qu’on veuille le reconnaître ou non, est toujours grave, surtout quand il s’agit de confronter pinions et angles de vue, tolérance et réflexes de discrimination. Estelle et Sébastien, eux, ont une parole et un ton neufs, percutants, efficaces dans la sobriété, quand ils font part de leur expérience de vie sur le métissage, la confrontation des ” races n, des murs, des religions, des civilisations. Ils témoignent et ils revendiquent de manière naturelle d’une certaine fraternité universelle tout autant éloignée des homélies naïves et faciles que des tirades accusatrices du moralisme trop facile. Par leur témoignage spontané et leur expérience de vie, en nous contant leur rencontre et leur aventure commune, ils prennent à revers nombre d’études sur le racisme. D’évidence, ce couple en noir et blanc bouscule franchement avec l’élan vital de leur âge, les idées reçues de nombreuses thèses universitaires, mais apporte, incontestablement, des pierres neuves et utiles pour . édifier une société plus juste et généreuse. S’attaquer au racisme, n’est-ce pas d’abord laisser parler ceux qui vivent corps et âme la mixité des cultures ?
Entre le savoir et le culte – Livre neuf
Activisme et mouvements religieux dans les universités du Sahel
Entre le Savoir et le Culte présente des études et documents originaux qui mettent à jour l’évolution de l’islam et du christianisme parmi les étudiants d’universités des pays du Sahel. Il révèle les fissures et les conflits entre les groupes, et analyse leurs modes oraux, écrits et vestimentaires d’affichage et de performance. Cet ouvrage apporte ainsi un puissant éclairage sur l’emprise du religieux sur l’élite en formation, et examine les deux interrogations qui alimentent l’activisme religieux universitaire : la signification de la revendication d’une identité musulmane ou chrétienne, et comment celle-ci façonne la modernité des deux religions et vice-versa. A lire pour comprendre le dynamisme des terribles crises qui amènent la région sahélienne à se tourner sur elle-même. – Mamadou Diouf, Leitner Family Professor of African Studies, Columbia University, États-Unis.
Quelquefois négligées ou mal comprises par les analystes étrangers, les universités sahéliennes sont le théâtre de débats profonds sur l’identité nationale, et d’importantes négociations autour de la religiosité et de l’ethnicité. Cette collection rassemble les travaux d’éminents spécialistes dans ce domaine, et propose une perspective riche et comparative de leur travail collectif, ancrée dans leur recherche sur le terrain. L’ouvrage sera indispensable à tous les chercheurs, analystes, et décideurs politiques qui travaillent sur le Sahel. Ces chapitres contribueront beaucoup à la compréhension des expériences et priorités d’une génération d’activistes et de leaders qui marqueront la région dans les années à venir. – Alex Thurston, Assistant Professor of Political Science, University of Cincinnati, États-Unis.
Invention et subversion des identités visuelles en Afrique
La modernité africaine est le résultat de combinaisons originales comportant une dimension figurative ; occultée par les formes ostensibles de domination, une sourde guerre des signes y est toujours active. Ces affrontements symboliques se manifestent dans la scène de la modernité comme mode de fabrication du lien social ordinaire. La construction concurrentielle de cet espace public commence dès les premiers moments d’incorporation des Africains dans les imaginaires européens; les campagnes militaires furent l’occasion d’une concrétisation de cette imagination bientôt colonisatrice.
L’espace photographique s’invite dans ce procès silencieux d’invention et/ou de subversion des identités et participe à la scansion de l’évolution sociale. Les photographies sont étudiées ici dans le but non pas de montrer des postures exotiques d’indigènes, malhabiles et innocents, qui fondent une certaine esthétique primitiviste, mais de favoriser une distanciation qui permet l’observation des dynamiques internes des sociétés africaines contemporaines. Cette démarche n’est pas sans poser d’importants problèmes épistémologiques qui questionnent la fonction heuristique des images, des imaginations et des imaginaires. Par le truchement des images, cet ouvrage éclaire d’un jour nouveau les distinctions, les frictions et les stratégies d’une modernité africaine objet de tant de mésinterprétations.
Livre en anglais – Burkina Faso’s religious landscape, where traditional, Islamic and Christian religions intersect, is part of a social and historical context spread over several centuries marked by a diversity that has been studied by researchers for a long time. As the security situation deteriorates in recent years in the Sahel region, the religious question is increasingly being redefined and placed at the forefront of the Burkinabe socio-political scene. This collective work offers readers a synthesis of the knowledge accumulated by researchers over the past decades on the different religions and the social dynamics associated with them to shed light on the management of the country’s religious diversity and coexistence without masking the new tensions and conflicts being experienced.
The first part of the book thoroughly explores the religious movements and currents present in the country to underline the centrality of religion in understanding social change in its polity. In the second part, the interactions between religions are analyzed across current transversal themes and questions, such as education, demography, politics, the role of faith-based NGOs, the historicity of the notion of jihad or the use of new information and communication technologies to show the connections within the construction of knowledge and political contexts. The contributions acutely show that recent socio-political dynamics in Burkina Faso are undoubtedly redefining religious boundaries and exposing the limitations of a historically and socially rooted contexts of diversity, yet the question remains on how to draw on this diversity and religious coexistence to confront new emerging tensions and conflicts.
Mutations foncières, agricoles et restructuration paysanne en pays Nuna au Burkina Faso
Comme un coup de patte dans une fourmilière, l’on assiste, dans le pays Nuna, région méridionale du Burkina Faso et frontalière avec le Ghana, à des changements territoriaux importants, sous les effets conjugués de plusieurs facteurs : croissance démographique, développement accéléré de l’agriculture marchande, politiques publiques agricoles et foncières libérales, acquisitions et accaparements fonciers mis en œuvre par les citadins en provenance, principalement, de Ouagadougou la capitale du pays. La restructuration socio-économique et spatiale qui en résulte met en évidence des catégories paysannes différenciées et inégales.
Outre les enjeux nouveaux, aux plans politiques, économique et culturel dont est porteuse la dynamique en cours, il se pose de manière renouvelée le débat sur les rapports des sociétés agraires africaines, notamment celles ouest-africaines au modèle de développement capitaliste. Dans un contexte où la diversité et la complexité semblent s’imposer, désormais, comme des bases pour comprendre les logiques en œuvre au sein des paysanneries africaines, les scénarios d’évolution du monde agricole dans cette partie du Burkina Faso sont des questions dignes d’intérêt scientifique.
Cet ouvrage constitue une analyse contextualisée, à partir des préceptes sur les évolutions paysannes africaines, de la marche d’une paysannerie à histoire mouvementée, sur fond de profondes mutations agricoles et foncières.
Laurent Tewendé Ouédraogo est enseignant-chercheur au département de Géographie à l’Université Joseph Ki-Zerbo (Burkina Faso). Il a soutenu sa thèse de doctorat unique à l’Université Paris1 Panthéon – Sorbonne, France. Il mène, actuellement, des recherches sur les dynamiques entrepreneuriales en œuvre dans le secteur agro-pastoral et leurs implications territoriales dans les espaces périurbains de la capitale Ouagadougou.
Rue Félix-Faure – Livre neuf
Dans la rue Félix-Faure se côtoient dans des éclats de rire des jeunes femmes aux dos nus, se mêlent des gens venus de tous les horizons, miséreux à la poursuite de leurs rêves. «La rue Félix-Faure est la rue de Dieu», résume le philosophe de la rue. Mais voilà qu’une masse sombre envahit la rue, réveille les douleurs tues – d’où vient Mun, la fille silencieuse, quelles histoires se disent derrière les blues de Drianké, les mornas de Tonio? Un matin quatre femmes recouvertes de voiles s’éloignent du corps d’un lépreux découpé en morceaux, jeté sur le trottoir. Et la clé du mystère est peut-être dans un tapuscrit ramassé un matin dans une courette… Une enquête policière écrite comme un poème, un hymne à la vie, plus forte que les porteurs de mort, et une quête philosophique menée au son du violon, du blues, et des rires des filles au teint couleur caramel.
Premier du Nom – La Genèse
Cette toile s’inspire d’un temps où les razzias sévissaient dans les grandes plaines atlantiques du Maroc, une époque où “la richesse d’une tribu se mesurait à la taille du cheptel, sa force au nombre de ses chevaux et la valeur de l’homme à son aptitude à les monter”. Un patrimoine historique que Mohamed, jeune métayer, ne connaît pas. Au fil des foulées de son étalon et de ses rencontres, il réalisera que sa réalité n’est ni exclusive ni immuable.
Les faiseurs de pluie – Livre neuf
Traduit de l’anglais par Marie Ndiaye – Tendo Katende, 15 ans, attend avec impatience les grandes vacances pour une pause méritée dans ses devoirs. Mais après deux semaines il ne supporte plus de jouer aux jeux vidéo à longueur de journée. Le reste des vacances se passera-t-il ainsi ? Et voilà que la visite d’un oncle qu’il n’a jamais rencontré change tout. Oncle Moses débarque avec un jeu vidéo holographique d’un genre Tendo n’a jamais vu auparavant. Lorsque des choses étranges se produisent à la ferme, provoquant ravages et destructions, Tendo a de sérieux problèmes avec son père, préoccupé par la puissance du jeu. Le nouveau jeu holographique est-il lié aux événements mystérieux qui se déroulent à la ferme ? Cela signifie-t-il que Tendo doit arrêter de jouer à son jeu vidéo super amusant et addictif s’il veut sauver la ferme ? Y a-t-il des forces plus sinistres avec des agendas revanchards à l’œuvre à la ferme ? Soudain, vacances ne riment plus avec ennui. Tendo fait équipe avec ses amis pour découvrir la cause des problèmes avant que toute la ferme ne soit détruite.
Livre en anglais – “Rich-veined, sensual, and probing, this rewarding collection bears the imprint of a keen, world-wise poet. Tade Aina is a well-traveled man who weaves the lore, legends and histories of hearth and far-flung places with equal self-assurance.” – Okey Ndibe, author of Foreign Gods, Inc.
La dette odieuse de l’Afrique – Livre neuf
Comment l’endettement et la fuite des capitaux ont saigné un continent – Léonce Ndikumana et James K. Boyce démasquent les liens intimes entre les prêts étrangers et la fuite des capitaux. Plus de la moitié de l’argent emprunté par les gouvernements africains dans les dernières décennies a « fuit » dans la même année, une partie importante étant déposée dans des comptes privés dans les mêmes banques qui ont fourni les prêts. Entre-temps, le service de la dette continue à drainer les ressources rares de l’Afrique, réduisant ainsi les fonds disponibles pour la santé publique et d’autres besoins de base. De façon provocatrice, les auteurs proposent que les gouvernements africains devraient répudier ces « dettes odieuses » dont leur peuple n’a tiré aucun avantage et que la communauté internationale devrait aider dans cet effort.
Le choix de l’Ori – Livre neuf
L’univers du « Le Choix de l’Ori » est celui du conte merveilleux avec ses multiples possibilités créatrices de métamorphoses, d’extrapolations, de transformations multidimensionnelles. Source d’évasion pour les esprits de tous âges, mais aussi des leçons de sagesse et de morale et une exploration du monde des divinités du panthéon yoruba.
Lot de 4 catalogues des Biennales de l’Art Africain Contemporain
Dak’Art est la toute première biennale d’art contemporain du continent africain. Elle est consacrée aux artistes africains et issus de la diaspora. Elle reste aujourd’hui la principale manifestation africaine dédiée à la création contemporaine. Initiée par le ministère de la culture et de la communication du Sénégal, la première manifestation organisée en 1990 était consacrée à la littérature. Dès 1992, la deuxième édition et les suivantes sont dédiées aux arts visuels.
Chaque catalogue inventorie tous les artistes présents (présentations et illustrations en couleur)
DAKAR 1992 : 65 pages, rare. 10.000 F CFA
DAK’ART 2004 (6ème édition) : 179 pages, en anglais et en français. 7.000 F CFA
DAK’ART 2012 (10ème édition) : 192 pages, en anglais et en français. 7.000 F CFA
DAK’ART 2014 (11ème édition) : Très grand format. 375 pages, en anglais et en français. 20.000 F CFA
Le choix de Yacine
Paul Marc Mané est né le premier Janvier 1963 au Bénin, de père sénégalais et de mère Béninoise. C’est en 1984, en classe de première, qu’il rédigea le scénario : Le choix de Yacine. Il est actuellement instituteur aux cours privés Charles Baudelaire.
Ousmane Ndiaye Dago “Femme Terre”
157 pages – Ousmane Ndiaye Dago a très certainement conscience que le moyen photographique ne restitue que la peau de la réalité et que même la dénudation de ses modèles n’est, au final, qu’un artifice, quand bien même il se révèle fertile d’un point de vue linguistique. Dago se base dans un premier temps, sur l’identification de la femme avec la terre pour leur capacité commune de proliférer. terre nue et corps nue.
Pour venger la mort prématurée de sa soeur, Alain Nsona force les portes de la société secrète des ewusus qui régit la communauté depuis des millénaires selon un code aussi immuable qu’implacable. Enrôlé par Ada, puissant sorcier à la tête d’une académie de sages, il est contraint à un voyage dans le temps, avec pour mission de rapporter la formule de la dématérialisation des objets. Soucieux de mettre leurs connaissances occultes au service du progrès, ces ewusus projettent en effet de réaliser une révolution scientifique… Dans ce roman fantastique, à l’écriture maîtrisée, Mutt-Lon interroge le devenir de l’Afrique dans la confrontation de deux périodes – l’ère précoloniale et la modernité – reliées par l’empreinte permanente du surnaturel.
L’Afrique trahie
Pour les Africains, aujourd’hui, l’Afrique est à prendre. Les constructions actuelles, mises en place avec l’indépendance, leur demeurent pour l’essentiel étrangères. Si certains dirigeants paraissent s’en accommoder, les populations, elles, demeurent frustrées et se rebellent. Car un Africain est un rebelle tant que ce qu’on lui propose n’a pas de sens à ses yeux, tant qu’il ne voit pas une lumière au bout de son tunnel. De là un immense désordre, et un néant idéologique qui commence à peine à se défaire. De là aussi une quête de tous les instants, incertaine, souvent courageuse, parfois, vue d’Europe, incompréhensible. L’espoir qu’avait fait naître, dans les années 60, l’accession à l’indépendance, a-t-il été trahi ?
Le livre s’ouvre avec les indépendances : Kaunda, Nyerere, Lumumba, Nkrumah, Sekou Touré, tous à la recherche d’une société où la tradition s’incarnerait dans un socialisme d’âge d’or. Dix ans plus tard les premiers rôles appartiennent à la C.I.A., à Mobutu ; et l’apartheid se poursuit. La parole n’a pas agi sur le cours de l’histoire. Jean-Claude Pomonti laisse écrivains et penseurs africains expliquer ce détournement : Henry Odera, philosophe kenyan : « On présente comme ”démocratie africaine” ce qui, dans tous les cas, est une dictature et l’on attend de la culture blanche qu’elle admette qu’il en est ainsi. Et ce qui est de toute évidence un processus actif de sous-développement (de-développement) ou un pseudo-développement est décrit comme le développement ; et de nouveau le monde blanc est invité à admettre que c’est du développement mais, naturellement, un ”développement africain”. »
La parution de cet ouvrage, qui a provoqué un remaniement ministériel au Sénégal, démontre la bonne santé de la démocratie dans ce pays, phénomène rare en Afrique. Le journaliste Abdou Latif Coulibaly explique le hiatus entre les attentes de la population et les promesses non tenues de l’alternance historique de mars 2000. La centralisation excessive du pouvoir entre les mains du président Abdoulaye Wade (« monarque républicain »), de son parti et de ses proches sert de fil conducteur au livre. Cette radioscopie sans complaisance dénonce : amateurisme, erreurs dans la formulation précipitée de priorités économiques, bradage des entreprises publiques à des investisseurs étrangers, libéralisation de la filière arachidière permettant l’escroquerie des paysans par les spéculateurs, grands projets « éléphants blancs ». Tous les secteurs sont étudiés avec un professionnalisme qui fait honneur au journalisme d’investigation. L’auteur dénonce aussi les tentatives de mainmise sur les médias ou la justice et fustige la corruption qui règne dans les marchés publics.
Tom Amadou Seck
En 1996-97 tous les camps des réfugiés hutu rwandais, situés au Sud et au Nord-Kivu, furent bombardés puis démantelés par l’armée tutsi. Les rescapés furent traqués dans les fôrets inhabitées de la RDC pour y être achevés, le nombre de disparus s’élevant à 200 000. Le Haut Commissariat pour les réfugiés ainsi qu’une partie de la “communauté internationale” ont une grande part de responsabilité dans ces assassinats de masse vraisemblablement ordonnés par Kigali. Qualifiés ou non de Génocide, les massacres des réfugiés rwandais au Zaïre constituent un crime contre l’humanité.
Il est un conflit majeur qui est passé totalement inaperçu depuis près de vingt ans. Pourtant, il a fait plus de morts que toutes les guerres depuis 1945… Environ six millions de victimes et quatre chefs d’État assassinés. Son théâtre : toute l’Afrique de l’Est et l’immense Congo, au centre du continent, ont été bouleversés par cette guerre qui a visé à en redessiner la carte. Dans la région, c’est pratiquement chose faite : le Kivu a été détaché du Congo (RDC) et « appartient » de fait au Rwanda et à l’Ouganda ; plus au nord, la première modification des frontières en Afrique est imminente : le Sud-Soudan devrait être indépendant de Khartoum. Comment se fait-il que nous n’ayons rien vu ? La chose est stupéfiante, mais nul jusqu’à présent n’avait envisagé ce conflit majeur dans sa globalité. Pourtant, il a ses logiques stratégiques que Péan met au jour. Le classique affrontement entre les Etats-Unis, cherchant à étendre leur aire d’influence, et l’ex-puissance coloniale française, voyant son pré-carré lui échapper, a pris une ampleur inédite et tragique après 1990… Somalie, Sud-Soudan, Rwanda, Congo-Brazzaville, RDC, Erythrée, Darfour, la liste est longue des conflits incompréhensibles si l’on n’en saisit pas les dessous. Quel est le jeu de Paul Kagamé, le « pion » des Américains, qui tient dans toute la région le rôle qui était celui de Mobutu avant 1989 ? Pourquoi les Américains n’ont-ils pas voulu intervenir au Rwanda en 1994 et ont-ils tout fait pour étouffer la vérité ? Pourquoi la question du Darfour a-t-elle été si cruciale aux yeux de Washington ?
