
Au printemps, quand les feuilles n’ont pas encore poussé sur les arbres, quand l’herbe n’est pas encore sortie de la terre, le Maître de la Montagne pousse un cri. Et puis aussi en automne, quand l’herbe finit de se dessécher, qu’elle se recroqueville, quand les feuilles des arbres jaunissent et tombent, que les oreilles de la montagne commencent à écouter, alors il pousse un autre cri. (Conte chor).
Autrefois, il y a très très longtemps, un énorme dragon habitait dans une montagne. Couvert d’écailles plus grandes que celles d’un poisson, il avait trois têtes, des ailes rouges, des épines sur le dos et des ongles sur la queue et sur les genoux : il portait un grand collier. Il était si horrible que celui qui le voyait de loin se faisait la peur de sa vie. L’abominable dragon quittait sa grotte pour s’allonger sur la route ; à peine quelqu’un prenait cette route qu’il ouvrait grand sa gueule, inspirait le passant et l’avalait. Hommes ou bétail, peu importe. ce monstre pompait tout ; et comme il était insatiable beaucoup avaient péris dans ses entrailles. Les gens comprirent qu’il allait les manger tous et se mirent d’accord pour envoyer une personne à sa grotte pour son repas de soir : il mangerait la victime et ne sortirait plus jusqu’au lendemain. Ils espéraient qu’il aurait la flemme et n’irait pas chercher ses victimes au village, mangerait moins et que d’ici là un chevalier se manifesterait et le tuerait. Ils réalisèrent leur plan. Tous les matins ils envoyèrent une personne à la grotte qui disait des prières en attendant l’apparition du dragon.
