
Mémoires d’exil
Dans l’exil, leur courage et leur désir de survivre se sont exprimés envers et contre tout… Si la Révolution d’Octobre engloutit la plupart des membres de la famille Romanov, certains d’entre eux parvinrent à fuir en sauvant plusieurs de leurs proches, mais en perdant tout ce qu’ils possédaient. La princesse Paley dont le mari et le fils furent assassinés par les bolcheviques, se dévoua sans compter pour les réfugiés, aidée de ses deux filles qui connurent, à leur tour, des destinées exceptionnelles. Le grand duc Dimitri et sa sœur, la grande duchesse Maria Pavlona, retrouvèrent une position brillante dans le monde des arts et de la mode grâce à leur talent et leur détermination. La mère et les deux sœurs du dernier tsar maintinrent l’honneur des Romanov en affrontant l’indifférence et la suspicion des autres familles royales. Le grand duc et son épouse Victoria défendirent leur position avec acharnement et dignité et le prince Youssoupov, l’assassin de Raspoutine, révéla en exil une force de caractère qu’on ne lui connaissait pas jusqu’alors. Sévèrement encadrés par l’énergie et la volonté inflexibles de leur mère, l’impératrice Zita, les enfants Habsbourg continuèrent à jouer un rôle politique essentiel sur l’échiquier européen de l’entre-deux guerres malgré l’effondrement et le démantèlement de l’Autriche-Hongrie. L’archiduc Otto, héritier de la dynastie, s’opposa à Hitler avec tant de force que le Führer tenta à plusieurs reprises de l’éliminer. Dans ce combat inégal, il sauva bien plus que sa vie. En effet, la renaissance de l’Autriche, après la guerre, lui doit beaucoup et il apparaît aujourd’hui, à quatre-vingt-huit ans, comme l’un des sages de l’Europe de cette fin de siècle.Les Hohenzollern, toujours sous la férule agitée et brouillonne de l’ancien Kaiser Guillaume II exilé en Hollande jusqu’à sa mort en 1941, ne montrèrent pas autant de résolution dans l’adversité. Flirtant dangereusement avec le nazisme, certains se déconsidérèrent à jamais, tandis que d’autres rejoignirent au péril de leur vie, les rangs de la résistance à la dictature. Beaucoup furent, à l’image des autres familles royales allemandes, perdus dans un spectre infernal allant de la complicité avec les SS à la déportation dans les camps de la mort.
La mauvaise vie
Vingt-quatre heures de la vie du personnage inventé par Frédéric Mitterrand et qui lui ressemble singulièrement. À chaque étape de sa journée, il se demande s’il ne fait pas fausse route. S’interroge sur l’abîme séparant la mauvaise vie qu’il mène, d’une autre, qui aurait pu s’accomplir. Pourquoi vouloir à tout prix reconstituer un simulacre de famille? Perdre son temps à faire de la radio alors qu’on est doué pour l’écriture ? Devenir spécialiste des princes et des princesses alors qu’on se passionne pour les peuples opprimés? Et puis il y a les nuits qui, elles aussi, ne devraient pas être celles ce qu’elles sont. Au fil de ces réflexions, le personnage regarde en arrière, et retrouve des moments de son enfance. L’autobiographie la plus juste n’est-elle pas celle de la vie qu’on aurait dû mener? Un homme se penche sur son passé. Le passé ne lui renvoie que les reflets d’une mauvaise vie, bien différente de celle qu’évoque sa notoriété. Autrefois on aurait dit qu’il s’agissait de la divulgation de sa part d’ombre ; aujourd’hui on parlerait de coming out. Il ne se reconnaît pas dans ce genre de définitions. La mauvaise vie dont il évoque le déroulement est la seule qu’il ait connue. Il l’a gardée secrète en croyant pouvoir la maîtriser. Il l’a racontée autrement à travers des histoires ou des films qui masquaient la vérité. Certains ont pu croire qu’il était content de son existence puisqu’il parvenait à évoquer la nostalgie du bonheur. Mais les instants de joie, les succès, les rencontres n’ont été que des tentatives pour conjurer la peine que sa mauvaise vie lui a procurée. Maintenant cet homme est fatigué et il pense qu’il ne doit plus se mentir à lui-même pour tenter d’obtenir que la vie qui lui reste ne soit pas aussi mauvaise. Mais il ne sait pas ce qu’il résultera de cet effort.
Le Festival de Cannes
Frédéric Mitterrand nous emmène à Cannes, lors du dernier Festival où il avait été invité à présider un jury d'enseignants. Journée après journée, il nous livre ses carnets secrets : ses rencontres, ses impressions, mais aussi les souvenirs très personnels que mémoire et mélancolie réveillent en lui. Un 'Etoile et toiles' intime où l'on croise Anna Magnani et Pedro Almodovar, Rita Hayworth, John Huston et tant d'autres : la magie du septième art se mêle aux confessions d'un homme qui écrit pour “se consoler comme il peut de ses remords”.
