
La Révolution française
1064 Pages –
Avec Penser la Révolution française (1978), François Furet, en désacralisant la Révolution, en contestant une historiographie qui admettait mal la prise de distance à l’égard de l’objet, faisait oeuvre révolutionnaire. Dix ans plus tard, dans La Révolution de Turgot à Jules Ferry (1988), il remplissait ce programme iconoclaste. Et au fil de nombreux articles autour du bicentenaire de 1789, il approfondissait encore sa réflexion sur le rapport de la Terreur et de la Révolution, sur la place de 1789 comme de 1793 dans l’imagination des Français, sur la relation complexe qu’ils entretiennent avec le grand événement de leur histoire. Il annonçait aussi, pour le futur, l’étude de la pérennité des passions révolutionnaires. Dans tout ce parcours, ponctué de saisissants portraits, il combinait l’énergie de l’investigation intellectuelle avec le bonheur de l’écriture. «Une oeuvre, avait-il écrit dans Penser la Révolution, c’est une question bien posée.» À condition d’ajouter qu’elle doit être portée aussi par la force et la grâce du talent, la définition convient assez bien à la sienne.
La mécanique des femmes
En 1963, Louis Calaferte publie Septentrion. Aussitôt interdit, ce livre est réédité en 1984. Pour celui qui l’aborde, sa fulgurance est intacte. La mécanique des femmes, qu’il nous donne aujourd’hui, est comme la quintessence de Septentrion. Il y est question, comme le dit précisément le titre, des manifestations sexuelles et érotiques spécifiquement féminines. Aucun écrivain n’aura jamais comme dans ce texte parlé de ‘l’impudeur’ et de ‘l’obscénité’ des femmes, avec une telle précision, un tel détachement, avec autant d’intense crudité. De cela, comme de Dieu et de la mort, Louis Calaferte ne cesse de nous entretenir. Il le fait d’un point de vue souverain, celui de l’écrivain maître absolu de son style.
Julie de Carneilhan
Un studio dans un quartier populeux et commerçant, des meubles disparates dont certains de prix, une garde-robe nagère belle qui réclame impérieusement des soins attentifs pour masquer son usure tout dit que la maîtresse du logis a connu de meilleurs jours; pourtant on aurait tort de croire que ses revers de fortune l’ont abattue -la comtesse Julie de Cameilhan est de cette race solide qui ne plie devant rien, peut-être même pas devant l’âge. Qui lui donnerait les quarante-cinq ans qu’elle avoue orgueilleusement ? Il y a cependant un défaut dans la cuirasse de cette belle amazone. Est-elle jamais guérie d’avoir aimé le comte Herbert d’Espivant, son second mari remarié depuis trois ans déjà avec la riche Marianne ? Non, puisqu’il suffit d’un H Viens, Youlka » tendre pour qu’elle accoure à son chevet quand une crise cardiaque le terrasse. Elle a beau savoir que c’est un viveur, un égoïste, un combinard tout ce qu’elle déteste et a fui – elle ne peut pas refuser ce qu’il demande même en comprenant qu’il prépare une manœuvre sordide, si grand est son espoir de le voir revenir vers elle. Quand elle comprend qu’elle s’est une fois de plus leurrée, d’un geste décidé elle apprête sa tenue de cheval : elle s’en retournera, cavalière assurée et fière, vers sa terre natale – terre d’accueil et de réconfort.
Manger bambi
Bambi, quinze ans bientôt seize, est décidée à sortir de la misère. Avec ses amies, elle a trouvé un filon : les sites de sugardating qui mettent en contact des jeunes filles pauvres avec des messieurs plus âgés désireux d’entretenir une protégée. Bambi se pose en proie parfaite. Mais Bambi n’aime pas flirter ni séduire, encore moins céder. Ce qu’on ne lui donne pas gratis, elle le prend de force. Et dans un monde où on refuse aux femmes jusqu’à l’idée de la violence, Bambi rend les coups. Même ceux qu’on ne lui a pas donnés.
L’anomalie
“Il est une chose admirable qui surpasse toujours la connaissance, l’intelligence, et même le génie, c’est l’incompréhension.”
En juin 2021, un événement insensé bouleverse les vies de centaines d’hommes et de femmes, tous passagers d’un vol Paris – New York. Parmi eux : Blake, père de famille respectable et néanmoins tueur à gages ; Slimboy, pop star nigériane, las de vivre dans le mensonge ; Joanna, redoutable avocate rattrapée par ses failles ; ou encore Victor Miesel, écrivain confidentiel soudain devenu culte.
Tous croyaient avoir une vie secrète. Nul n’imaginait à quel point c’était vrai.
Roman virtuose où la logique rencontre le magique, ‘L’Anomalie’ explore cette part de nous-même qui nous échappe.
Les jours de mon abandon
Olga, trente-huit ans, un mari, deux enfants. Un bel appartement à Turin, une vie faite de certitudes conjugales et de petits rituels domestiques. Quinze ans de mariage. Puis, un après-midi d’avril, une phrase de son mari met en pièces cette existence sereine et transforme Olga en femme abandonnée. Une femme rompue. Lâchée, brisée. Una poverella, comme cette voisine de son enfance napolitaine dont elle croit encore entendre les pleurs la nuit. Frappée de stupeur, Olga ne comprend rien au prétendu ” vide de sens ” de l’homme qu’elle a suivi à Turin, et pour qui elle a abandonné l’écriture. L’homme avec qui elle voulait vieillir est devenu l’homme qui ne veut plus d’elle. Olga n’existe plus. Ou seulement dans sa lente déchéance, dans cette descente aux enfers où la terre semble se dérober sous ses pieds, et les événements se liguer contre elle : un repas de réconciliation se termine dans le sang, son garçon tombe malade, le téléphone est coupé sans raison, le berger allemand agonise, sans doute empoisonné, puis la porte de l’appartement se bloque de l’intérieur et Olga se retrouve enfermée… Le livre d’Elena Ferrante nous projette littéralement dans l’intimité d’Olga et nous embarque pour un voyage aux frontières de la folie. Par la justesse de son ton et son rythme haletant, Les jours de mon abandon constitue une variation parfaitement maîtrisée et originale sur le thème de la femme abandonnée.
Klara et le soleil
L’humanité a été transformée par la technologie : désormais, les adolescents ne vont plus à l’école et grandissent avec leurs Amis Artificiels. Ces robots de pointe sont conçus pour les instruire, les distraire et veiller sur eux. Dans la vitrine du magasin, Klara, une AA particulièrement intelligente, attend avec impatience d’être choisie. Elle observe les passants et rêve d’éprouver comme eux de la joie, de la peur, de l’amour.Bientôt, l’occasion de découvrir le monde se présente : elle est achetée par Josie, une adolescente atteinte d’une mystérieuse maladie. Mais en pénétrant l’intimité de sa nouvelle famille, Klara ne se doute pas qu’elle va devenir le témoin de troublants secrets. “Un chef-d’œuvre qui nous appelle à regarder la beauté et la fragilité de notre humanité” Michel Schneider, Le Point. “Visionnaire, subtil, merveilleux.”
Lettres Persanes
Dossier pédagogique de Delphine Descaves, revu pour les Nouveaux programmes par Amandine Delbart.
Texte Intégral
De Paris à Venise, en passant par Smyrne, voici la correspondance fictive de deux voyageurs persans et de leurs amis demeurés en Perse. 161 lettres qui proposent un tableau critique de la France de l’Ancien Régime.
Dans le volume, de nombreuses activités d’appropriation et d’étude de la langue, ainsi qu’un cahier photos et un groupement de textes en lien avec le parcours associé « Le regard éloigné » (Nouveaux programmes, Bac 2020).
« – Et l’enfant? demanda Daragane. Vous avez eu des nouvelles de l’enfant? – Aucune. Je me suis souvent demandé ce qu’il était devenu… Quel drôle de départ dans la vie… – Ils l’avaient certainement inscrit à une école… – Oui. À l’école de la Forêt, rue de Beuvron. Je me souviens avoir écrit un mot pour justifier son absence à cause d’une grippe. – Et à l’école de la Forêt, on pourrait peut-être trouver une trace de son passage… – Non, malheureusement. Ils ont détruit l’école de la Forêt il y a deux ans. C’était une toute petite école, vous savez…»
L’autre qu’on adorait
“Quand tu penses à ce qui t’arrive, tu as l’impression de te retrouver en plein David Lynch. Blue Velvet, Twin Peaks. Une ville universitaire, le cadavre d’un garçon de vingt ans, la drogue, la police, une ravissante étudiante, une histoire d’amour entre elle et son professeur deux fois plus âgé : il y a toute la matière pour un scénario formidable. Ce n’est pas un film. L’autre qu’on adorait fait revivre Thomas, un homme d’une vitalité exubérante qui fut l’amant, puis le proche ami de la narratrice, et qui s’est suicidé à trente-neuf ans aux États-Unis. Ce douzième roman de Catherine Cusset, où l’on retrouve l’intensité psychologique, le style serré et le rythme rapide qui ont fait le succès du Problème avec Jane, de La haine de la famille et d’Un brillant avenir, déroule avec une rare empathie la mécanique implacable d’une descente aux enfers.
Haka
D’origine maorie, Jack Fitzgerald est devenu flic à Auckland avec l’espoir de retrouver sa femme et sa fille, mystérieusement disparues.
Secondé par une jeune criminologue tout aussi acharnée, il trouvera sur sa route une effroyable série de cadavres liés – ou non ? – à des rites ancestraux, mais surtout la vérité sur les fantômes qui le hantent…
Histoire de ma vie (G. Sand)
1680 Pages –
À 42 ans, en avril 1847, George Sand commence Histoire de ma vie dont la rédaction prendra huit ans. Somme méconnue, cet incontestable chef-d’oeuvre raconte comment Aurore Dupin est devenue écrivain sous le nom de George Sand. Mais il se présente aussi comme une quête des origines d’une modernité exceptionnelle. Sand rappelle qu’elle est arrière-petite-fille du maréchal de Saxe par son père et fille du peuple par sa mère. Avec une rare lucidité, elle analyse le “devenir soi” d’un caractère, rappelle sa petite enfance à Nohant, les conflits familiaux qui la déchirent, les tensions qui habitent une famille brisée par la mort du père, la grande mélancolie qui s’ensuit jusqu’à sa tentative de suicide à 17 ans. Si elle évoque admirablement le passé, Sand sait aussi dire le présent et l’avenir : elle expose ses vues sur le devenir de la société, le rôle de la religion, la condition des femmes. Histoire de ma vie reste un modèle de vivacité et de courage, de franchise et de détermination. George Sand fonde un genre : l’autobiographie au féminin.
Tours et détours de la vilaine fille
Que de tours et de malices chez cette « vilaine fille », toujours et tant aimée par son ami Ricardo, le « bon garçon ». Ils se rencontrent pour la première fois au début des années cinquante, en pleine adolescence, dans l’un des quartiers les plus huppés de Lima, Miraflores. Joyeux, inconscients, ils font partie d’une jeunesse dorée qui se passionne pour les rythmes du mambo et ne connaît d’autre souci que les chagrins d’amour. Rien ne laissait alors deviner que celle qu’on appelait à Miraflores « la petite Chilienne » allait devenir, quelques années plus tard, une farouche guérillera dans la Cuba de Castro, puis l’épouse d’un diplomate dans le Paris des existentialistes, ou encore une richissime aristocrate dans le swinging London. D’une époque, d’un pays à l’autre, Ricardo la suit et la poursuit, comme le plus obscur objet de son désir. Et chaque fois, il ne la retrouve que pour la perdre. Et, bien entendu, ne la perd que pour mieux la rechercher.
Amours en fuite
“Amours en fuite” est un ouvrage particulier puisqu’il regroupe sept récits qui peuvent se lire comme sept romans à part entière. C’est dire que le livre est dense, surtout si l’on précise que chaque histoire a les qualités émotives et fictionnelles du Liseur qui a rendu célèbre Bernhard Schlink. Dans “Amours en fuite”, on retrouve d’ailleurs le thème du secret et de la révélation. Chaque intrigue se noue autour d’un personnage masculin se débattant entre les mensonges qu’il aimerait faire durer et la vérité qui lui apporterait la paix. Cette thématique, dans laquelle on entend l’interrogation de tout un pays aux prises avec son histoire, est récurrente dans la littérature allemande contemporaine. Mais si certains auteurs traitent le sujet d’une manière quasi monochrome – le pays entier serait en plein refoulement – Schlink travaille sur les failles, les tabous. À cet égard, le récit intitulé La Circoncision est magistral. Un livre superbe sur l’Allemagne d’aujourd’hui. –Isabelle Rossignol
Le parti pris des choses
L’huître L’huître, de la grosseur d’un galet moyen, est d’une apparence plus rugueuse, d’une couleur moins unie, brillamment blanchâtre. C’est un monde opiniâtrement clos. Pourtant on peut l’ouvrir : il faut alors la tenir au creux d’un torchon, se servir d’un couteau ébréché et peu franc, s’y reprendre à plusieurs fois. Les doigts curieux s’y coupent, s’y cassent les ongles : c’est un travail grossier. Les coups qu’on lui porte marquent son enveloppe de ronds blancs, d’une sorte de halos. À l’intérieur l’on trouve tout un monde, à boire et à manger : sous un firmament (à proprement parler) de nacre, les cieux d’en-dessus s’affaissent sur les cieux d’en-dessous, pour ne plus former qu’une mare, un sachet visqueux et verdâtre, qui flue et reflue à l’odeur et à la vue, frangé d’une dentelle noirâtre sur les bords. Parfois très rare une formule perle à leur gosier de nacre, d’où l’on trouve aussitôt à s’orner.
Les Fausses Confidences
Dossier pédagogique d’Anaïs Trahand
Dorante, jeune homme de bonne famille mais désargenté, est amoureux de la riche veuve Araminte. Enchaînant manigances, tromperies, faux secrets et manipulations, son ancien valet, Dubois, va alors tout mettre en oeuvre pour faire tomber Araminte dans le piège de l’amour. Si la cause est noble, que penser des moyens employés ? Et la motivation de Dorante n’est-elle que sentimentale ? Mettant en scène le jeu de l’amour et de l’argent, ainsi que le triomphe des manipulateurs, Marivaux propose dans cette pièce une morale ambiguë… Groupement de textes Théâtre et stratagème
Dora Bruder
CE LIVRE EST RELIE – «J’ignorerai toujours à quoi elle passait ses journées, où elle se cachait, en compagnie de qui elle se trouvait pendant les mois d’hiver de sa première fugue et au cours des quelques semaines de printemps où elle s’est échappée à nouveau. C’est là son secret. Un pauvre et précieux secret que les bourreaux, les ordonnances, les autorités dites d’occupation, le Dépôt, les casernes, les camps, l’Histoire, le temps – tout ce qui vous souille et vous détruit – n’auront pas pu lui voler.»
Du plus loin de l’oubli
CE LIVRE EST RELIE – J’aurais brassé les papiers, comme un jeu de cartes, et je les aurais étalés sur la table. C’était donc ça, ma vie présente ? Tout se limitait donc pour moi, en ce moment, à une vingtaine de noms et d’adresses disparates dont je n’étais que le seul lien ? Et pourquoi ceux-là plutôt que d’autres ? Qu’est-ce que j’avais de commun, moi, avec ces noms et ces lieux ? J’étais dans un rêve où l’on sait que l’on peut d’un moment à l’autre se réveiller, quand des dangers vous menacent. Si je le décidais, je quittais cette table et tout se déliait, tout disparaissait dans le néant. Il ne resterait plus qu’une valise de fer-blanc et quelques bouts de papier où étaient griffonnés des noms et des lieux qui n’auraient plus aucun sens pour personne.
Nouvelles sous ecstasy
Certains territoires du cervelet et d’autres champs de la conscience sont restés inexplorés avant les années quatre-vingt et la découverte d’une nouvelle drogue, la MDMA, plus connue sous le nom d’ecstasy. Drogue dure, cette “pilule de l’amour” à effet rapide “avec une montée et une descente comme dans les montagnes russes” rend la vie des personnages de ce recueil de nouvelles parfois difficile : jouissive avant d’être sombre, heureuse avant d’être déprimante. On s’aime, on se déchire, on fait des choses folles comme voir le monde au bord du gouffre, oublier ses inhibitions et ses tabous… et puis… passer les bornes. Oui sans doute, sans doute, car voilà tout le talent de Beigbeder. Avec beaucoup d’humour et d’invention, il nous propose une réflexion sur l’amour et sur la folie, deux concepts aux multiples ramifications. Et avec toute l’affection dont il est capable, il partage le “trip” de ses personnages, nous offrant la possibilité d’hésiter : est-ce l’auteur qui écrit sous ecstasy ou le récit de la vie d’individus en plein envol ? Peut-être bien les deux, ce qui ne gâche en rien le plaisir de la lecture.
Le Zubial
« Le jour où mon père est mort, le 30 juillet 1980, la réalité a cessé de me passionner. J’avais quinze ans, je m’en remets à peine. Pour moi, il a été tour à tour mon clown, Hamlet, d’Artagnan, Mickey et mon trapéziste préféré ; mais il fut surtout l’homme le plus vivant que j’ai connu.
Pascal Jardin, dit le Zubial par ses enfants, n’accepta jamais de se laisser gouverner par ses peurs. Le Zubial avait le talent de vivre l’invivable, comme si chaque instant devait être le dernier. L’improbable était son ordinaire, le contradictoire son domaine.
S’ennuyait-il au cours d’un dîner ? Il le déclarait aussitôt et quittait la table, en baisant la main de la maîtresse de maison. Désirait-il une femme mariée ? Il ne craignait pas d’en faire part à son époux, en public, et d’escalader la façade du domicile conjugal le soir même pour tenter de l’enlever.
S’il écrivit des romans et plus de cent films, cet homme dramatiquement libre fut avant tout un amant. Son véritable métier était d’aimer les femmes, et la sienne en particulier.
Ce livre n’est pas un recueil de souvenirs mais un livre de retrouvailles. Le Zubial est l’homme que j’ai le plus aimé. Il m’a légué une certaine idée de l’amour, tant de rêves et de questions immenses que, parfois, il m’arrive de me prendre pour un héritier. » Alexandre Jardin.
Back up
Berlin, 1967. Quatre musiciens anglais faisant partie d’un groupe de rock, Pearl Harbor, trouvent la mort dans des conditions et des lieux différents. La police ne trouve ni lien ni élément suspect et conclut à des morts naturelles. Les familles des victimes se tournent vers les médias. Un journaliste irlandais, intrigué par l’affaire, accepte de mener des investigations. Bruxelles, 2010. Un sans-domicile est renversé par une voiture devant la gare du Midi. Il est transporté dans un état grave à la clinique où l’on diagnostique un coma particulier. L’homme ne peut communiquer que par le mouvement des paupières. La police tente de l’identifier, sans succès. Il est conduit dans un centre de réadaptation où l’un des kinés tentera d’entrer en contact avec lui. L’inconnu de la gare de Bruxelles, se souvient… Son enfance dans un Bruxelles qui “Bruxellait” encore, sa découverte, avec sa mère, des premiers rocks de Chuck Berry, son adolescence difficile à l’heure de l’euphorie consumériste des sixties. Appelé sous les drapeaux, il fuit à Paris, devient batteur, toxico et vit comme un beatnik entre la France, Londres et Berlin. Petit à petit le marginal s’enfonce dans un monde de violence et de délires stupéfiants. Jusqu’au jour où ses errances l’amènent à Berlin, en 1967. Back up est le roman noir d’une génération : des débuts du rock rock’n’roll sur les premiers vinyles des sixties aux dérives narcotiques des seventies, Paul Colize nous fait revivre une époque en France, en Belgique, en Allemagne, au Royaume Uni, à travers le destin d’un homme né avec la Seconde Guerre Mondiale et que l’explosion créative des années soixante va façonner. Les années sexe, drogues et rock rock’n’roll constituent la toile de fond de ce polar rempli de fausses pistes, mélangeant le réel et la fiction au son des Rolling Stones, des Beatles ou des Who. Maîtrisant les allers et retours avec le passé et le présent, Paul Colize brosse les contours d’une formidable machination sur fond de guerre du Vietnam, en semant le doute jusqu’au final exceptionnel. Une grande réussite.
Equipée
OEuvre née d’une mission archéologique. Contrepoint au labeur technique. Inachevé. Ce n’est pas un journal poétique de la mission mais c’est l’expérience de deux voyages en Chine. Récit de voyage très particulier qui doit répondre à la question : « L’imaginaire déchoit-il ou se renforce quand il se confronte au réel ? » Voyage dans le réel puis dans la pensée. Justification morale de la littérature (les mots doivent d’abord passer dans le creuset du réel.) la Chine est le pays du Réel par excellence.
L’appel de la forêt
Loin d’avoir une “vie de chien”, Buck coule une existence heureuse dans la famille du juge Miller. Grâce à son autorité naturelle, sa beauté, son intelligence et sa force, il règne en monarque absolu sur tous les autres animaux du domaine. Mais tout bascule un jour où, victime de la traîtrise d’un homme, il se retrouve vendu à un conducteur de traîneau dans le Grand Nord américain. Finie la vie d’aristocrate blasé, Buck va devoir affronter son destin dans un univers glacial et sans pitié, où chaque faute, chaque erreur est sévèrement sanctionnée. Saura-t-il survivre dans ce monde cruel où règne la loi du plus fort ? Qu’adviendra-t-il de cet admirable chien le jour où il découvrira, d’abord avec amertume, puis avec un plaisir trouble et instinctif, le goût du sang ? Oeuvre maîtresse de Jack London, ce roman a tout pour passionner les jeunes lecteurs. Il y a l’aventure dans le Grand Nord, en Alaska, parmi les aventuriers et les chercheurs d’or, à la découverte de l’univers mythique des pionniers américains. Et il y a évidemment l’étonnante aventure de Buck, attachant et courageux, au destin hors du commun.
Une autre histoire de l’espace
Une autre histoire de l’espace retrace le long chemin qui va de la naissance de l’astronomie au temps de Babylone jusqu’à la station spatiale internationale. Elle raconte non seulement les découvertes des scientifiques et les exploits des ingénieurs et des astronautes, mais accorde une grande place aux écrivains, aux philosophes, aux dessinateurs, aux cinéastes, dont les oeuvres ont suscité la passion des hommes pour le cosmos. Elle anticipe sur les réalisations du troisième millénaire en faisant appel aux rêves des visionnaires et des auteurs de science-fiction. Elle interroge l’avenir : Mars deviendra-t-elle une seconde Terre ? Découvrirons-nous d’autres formes de vie dans le système solaire ? L’humanité entrera-t-elle en contact avec des êtres extraterrestres ? Des vaisseaux interstellaires franchiront-ils un jour le gouffre qui nous sépare des autres étoiles ? Une autre histoire de l’espace décrit aussi la manière dont les satellites ont changé la vie. La fin de la guerre froide, la naissance de la société de l’information, la prise de conscience écologique : autant d’événements dans lesquels les moyens spatiaux ont joué un grand rôle. Et ce n’est qu’un début. Avec la rencontre de l’espace et de l’Internet, le XXIe siècle sera vraiment l’âge des satellites.
Les démons du Manmarch
Le jour de votre retour triomphal, les rues de votre cité ont été jonchées de fleurs sous vos pas. Grâce à votre victoire sur Honoric, Irsmun jouit à présent, sous votre règne, d’une prospérité sans précédent. Aurez-vous le courage de tout remettre en jeu afin de partir à la recherche de votre fidèle compagnon Glaivas le Ranger et de Doré le Jeune, prisonniers au fin fond du Rift ? Il vous faudra pour cela oser descendre au coeur d’un réseau de galeries obscures, ultime repaire des forces du mal.
Vendredi ou la vie sauvage
Robinson, parti faire fortune en Amérique du Sud échoue, au gré d’un naufrage, sur une île déserte, que nulle carte ne signale. Il s’aperçoit alors très vite qu’il ne doit s’en remettre qu’à lui-même et à son ingéniosité pour survivre, dans une nature pas toujours très accueillante. Comment parviendra-t-il à supporter sa solitude ? Arrivera-t-il à imposer ses règles d’homme civilisé à cette nature sauvage et à la domestiquer ou bien est-ce elle, finalement, qui aura le dernier mot ? Michel Tournier avait déjà repris la célèbre aventure de A. Selkirk, le Robinson Crusoé du roman de Defoe, dans Vendredi ou les limbes du Pacifique, en y ajoutant une forte dimension philosophique. Vendredi ou la vie sauvage garde cette dimension, même s’il s’agit d’une adaptation pour les enfants. Il faut sans doute l’éclairage d’un adulte pour en tirer toute la richesse. Mais c’est aussi un livre d’apprentissage plus pratique : comment construire un arc et tailler des flèches, comment parler grâce au langage des mains, ou comment construire des règles de vie, nécessaires à toute communauté. Enfin, avec l’apparition de Vendredi dans l’univers de Robinson, les enfants pourront saisir toute la complexité des relations humaines et combien la présence d’autrui nous est nécessaire et même indispensable. –Xavier Marciniak Le 29 septembre 1759, le navire La Virginie fait naufrage. Seul rescapé, Robinson échoue sur une île déserte où il tente de survivre à une nature hostile en déployant des trésors d’ingéniosité. Mais son existence solitaire bascule le jour où un autre être humain fait son apparition sur l’île: Vendredi, le sauvage… Une aventure inoubliable, une ode à la liberté et à la nature.
Shakespeare – Comme il vous plaira
Génie universel, qui traverse le temps, Shakespeare est pourtant indissociable de son époque, la Renaissance anglaise, brillant spectacle dont le souverain est le centre et la raison d’être. Professionnel de la scène, maître d’oeuvre accompli, il reflète avec brio la comédie humaine qui se joue partout autour de lui. En historien autant qu’en analyste du théâtre, François Laroque présente le monde de bruit et de fureur des tragédies, Hamlet, Othello, le Roi Lear, Macbeth, le monde de charme et de fantaisie des comédies, Comme il vous plaira.
Sa Majesté des mouches
Soit un groupe d’enfants, de six à treize ans, que l’on isole sur une île déserte. Qu’advient-il d’eux après quelques mois ? William Golding tente l’expérience. Après les excitantes excursions et parties de baignade, il faut s’organiser pour survivre. C’est au moins la réflexion de Ralph, celui qui fut élu chef au temps heureux des commencements, et du fidèle Piggy. Mais c’est ce que refusent de comprendre Jack, le second aspirant au “trône”, et les siens. Cette première division clanique n’est pas loin de reproduire un schéma social ancestral. S’ensuivent des comportements qui boudent peu à peu la civilisation et à travers lesquels les rituels immémoriaux le disputent à une sauvagerie d’une violence sans limite.
Chandelles noires
Dans les milieux des grands lycées privés anglais, où l’on jongle volontiers avec le sophisme, il arrive aussi qu’on jongle avec des objets contondants, meurtriers… Des élèves pareils à des volées de corbeaux ou des profs en robe professorale qui soupent aux chandelles, qui a poussé l’humour noir aussi loin?
La lune et le miroir
” Ecoutez, écoutez la très belle histoire de l’étranger qui fut notre hôte et notre roi… Il arriva chez nous juste avant le soir, et chez nous le soir ne dure que très peu de temps. Il était jeune, mince, vêtu de kaki comme un soldat. Il ne parlait pas, il ne riait pas. Ses yeux avaient toujours l’air de chercher ailleurs… Qui aurait pu savoir la suite ? Et qui, quand il jette un caillou dans un puits, peut savoir s’il réveillera le serpent qui y dormait ? “
En bas, les nuages
Sept récits liés par un fil narratif : comme un détail détaché d’une photo, c’est un fait anodin dans l’un qui déclenchera le suivant. Marc Dugain suit sept hommes vivant aujourd’hui, en Dordogne, au Maroc, aux États-Unis ou dans une île lointaine. Les uns sont cyniques, les autres doux et rêveurs, mais tous sont plongés dans les eaux troubles de la vie quotidienne. Ils surnagent, ils s’adaptent, ils essayent de s’en sortir. Tous perdants ? Dugain ne nous éclairera pas là-dessus. Il choisit de raconter, tout simplement raconter, et son art de la mise en scène nous surprend à chacune de ces histoires.
Lancelot le Chevalier à la Charrette
A partir de 11 ans – À la cour du roi Arthur, alors que la fête bat son plein, Méléagant le maudit, sème encore une fois la peur et la désolation : la reine Guenièvre est enlevée.Sera-t-elle condamnée à passer le reste de ses jours au « pays dont on ne revient jamais », comme tant d’autres sujets de Logres, enlevés avant elle ?C’est compter sans le courage de Lancelot qui se lance dans une quête éperdue. Honni par les passants pour être monté dans la charrette de l’infamie, trahi par le nain maléfique, séquestré par son ennemi, parviendra-t-il à ramener parmi les siens la reine à laquelle il a toujours accordé un dévouement sans limites ?
Avec 32 pages POUR EN SAVOIR PLUS
Yvain le Chevalier au lion
A partir de 12 ans – En forêt de Brocéliande, il existe une fontaine magique qui déclenche d’effroyables tempêtes lorsqu’on renverse son eau sur le perron qui l’entoure. À la cour du roi Arthur, Yvain, jeune chevalier fougueux, décide d’affronter Esclados le Roux, le seigneur qui protège cet endroit. Il s’y rend et blesse gravement son adversaire qui prend la fuite. Yvain le poursuit et se trouve pris au piège, pourchassé à son tour par les gens du château désireux de venger leur maître. Comble de l’infortune, la jeune femme dont il tombe amoureux est Laudine, la veuve du chevalier vaincu ! Comment Yvain va-t-il se tirer de ce mauvais pas ? Heureusement, dans ses aventures, il pourra compter sur l’aide de Lunette, une demoiselle au service de Laudine, ainsi que sur la fidélité de son lion.
Haka
D’origine maorie, Jack Fitzgerald est devenu flic à Auckland avec l’espoir de retrouver sa femme et sa fille, mystérieusement disparues.
Secondé par une jeune criminologue tout aussi acharnée, il trouvera sur sa route une effroyable série de cadavres liés – ou non ? – à des rites ancestraux, mais surtout la vérité sur les fantômes qui le hantent…
Macbeth
« Sombre, universel, passionnant dans son interrogation sur la frontière entre le bien et le mal, ce Macbeth version 2018 témoigne une fois de plus de la virtuosité de Nesbø pour imaginer des personnages complexes et agencer les pièces d’une intrigue saisissante. » Catherine Balle, Le Parisien. Il est le meilleur flic de la ville. Quand une opération dégénère, c’est toujours l’inspecteur Macbeth et son unité d’intervention d’élite qu’on envoie pour faire le sale boulot. Mais il est aussi un ancien junkie au passé trouble. Malgré ses succès, malgré le respect qu’il a obtenu de ses hommes, il sait qu’on ne lui accordera jamais le poste qu’il convoite. Accablé par des hallucinations de plus en plus violentes, Macbeth perd pied. Le pouvoir qu’on lui refuse, il l’arrachera. Quitte à tuer pour y parvenir. JO NESBO. jo Nesbo est né à Oslo en 1960. Les aventure de l’inspecteur Harry Hole, traduites en près de cinquante langues et vendues à plus de trente millions d’exemplaires, on fait de lui un auteur incontournable.
Fatale
« De quelque côté que l’on se dirige, écrit Manchette, il y a une longue côte à gravir pour sortir de Bléville. » Il est ainsi, dans Fatale comme dans ses autres livres, des phrases porteuses d’étranges ambiguïtés métaphoriques. Il en est une aussi dont on ne sait trop si elle évoque ironiquement le sanglant nettoyage entrepris par Aimée ou l’ordre moral nécessaire à l’harmonie blévilloise. Cette phrase, leitmotiv inscrit sur une bascule automatique, une borne téléphonique ou une corbeille à papier municipale, consiste en une simple injonction : GARDEZ VOTRE VILLE PROPRE ! » Jean Échenoz.
Chevreuse
“Pour la première fois depuis quinze ans, le nom de cette femme lui occupait l’esprit, et ce nom entraînerait à sa suite, certainement, le souvenir d’autres personnes qu’il avait vues autour d’elle, dans la maison de la rue du Docteur-Kurzenne. Jusque-là, sa mémoire concernant ces personnes avait traversé une longue période d’hibernation, mais voilà, c’était fini, les fantômes ne craignaient pas de réapparaître au grand jour. Qui sait ? Dans les années suivantes, ils se rappelleraient encore à son bon souvenir, à la manière des maîtres chanteurs. Et, ne pouvant revivre le passé pour le corriger, le meilleur moyen de les rendre définitivement inoffensifs et de les tenir à distance, ce serait de les métamorphoser en personnages de roman.”
Les vainqueurs
«Alors oui, ici, il y a des histoires, un tas d’histoires, mais pas du genre qui s’entassent dans les livres et les bibliothèques, qui se lisent et qui durent, qui passent de génération en génération, non, ici, les mots sont arrachés par le vent à l’instant où ils sont prononcés.»Les vainqueurs suit la vie d’une famille emblématique de la Norvège, de la côte du Helgeland jusqu’à Oslo, de l’été 1927 au printemps 1990. La première partie raconte la vie de Marta et de son père Johan, petit paysan-pêcheur sur l’île de Herøy, contraint de placer sa fille comme domestique chez une riche famille d’Oslo qui choisira la collaboration à l’heure de la Seconde Guerre mondiale. Dans la seconde partie du roman, le narrateur est Rogern, un des fils de Marta. Le gamin, qui grandit dans la cité nouvelle d’Årvoll, pose un regard aussi vif que truculent sur le bond monumental fait par le pays au cours d’un demi-siècle.Parue en 1991, cette fresque romanesque a connu un immense succès; elle est unanimement considérée comme un classique de la littérature norvégienne, un livre qui définit une génération. On retrouve dans Les vainqueurs tout le talent de l’auteur, qui sait si bien mêler la vision d’ensemble et le détail pour faire vivre avec émotion la grande Histoire et les destins de gens modestes.
La famille
Au cœur des années 1930, de nombreuses familles italiennes ont émigré dans le quartier de Red Hook, à Brooklyn. C’est là que vivent les petites Sofia et Antonia, adorables voisines et amies absolues. Et si elles sont aussi proches, c’est qu’elles ont un point commun singulier : leurs pères font partie de la mafia. Or, en regardant chaque jour leurs mères subir une vie faite d’inquiétude, les fillettes se jurent de ne jamais épouser d’hommes oeuvrant pour la Famille. Quand il arrive malheur au père d’Antonia, le fil de son amitié avec Sofia se fragilise, d’autant que leurs rêves se mettent à diverger : l’une voudrait faire des études quand l’autre préfère les frivolités. Mais quels chemins prendront les deux amies lorsqu’une fois adultes elles devront vraiment choisir qui devenir, et qui aimer ? Un premier roman délicat et puissant qui dévoile la force de deux destinées inoubliables. La Famille est une magnifique histoire d’amitié féminine liée à une exploration fascinante des coulisses de la mafia, vue par des femmes.
En eaux troubles
« Car Bruno savait rire avec moi.
Avec son sourire, ses airs tendres, ses phrases affectueuses qui plaisaient tant à sa petite soeur Laura, la joie de vivre roulait en lui ses vagues nonchalantes.
Non, il ne savait pas crier.
Il ne criait jamais.
Ou alors, s’il avait crié ce jour-là, face aux requins, son cri ne fut qu’un murmure qu’aucun être humain ne peut entendre. Un cri étouffé par la mer, mort-né. Et depuis je m’enorgueillis d’avoir fait de lui le héros de ma vie. »
Un dimanche matin, Bruno, jeune surfeur de vingt ans, disparaît en mer sur le spot de L’Ermitage, à La Réunion. Mais personne n’a rien vu ni rien entendu. Seul indice : une moitié de la planche de surf cisaillée, semble-t-il, par la gueule d’un requin-tigre, au-delà de la barrière de corail. En l’absence du corps, la mère refuse d’admettre que son fils unique soit mort… Plongeon dans les eaux tumultueuses du chagrin et de l’insomnie, jusqu’au jour où, sur les conseils de son mari, elle téléphone au père biologique de Bruno, qu’elle a aimé autrefois et qui l’a abandonnée alors qu’elle était enceinte.
Mais quel sens donner à cet appel au secours ? Quête d’une réconciliation ou désir de vengeance ?…
La tache
À la veille de la retraite, un professeur de lettres classiques, accusé d’avoir tenu des propos racistes envers ses étudiants, préfère démissionner plutôt que de livrer le secret qui pourrait l’innocenter.
Tandis que l’affaire Lewinski défraie les chroniques bien-pensantes, Nathan Zuckerman ouvre le dossier de son voisin Coleman Silk et découvre derrière la vie très rangée de l’ancien doyen un passé inouï. celui d’un homme qui s’est littéralement réinventé, et un présent non moins ravageur : sa liaison avec la sensuelle Faunia, femme de ménage et vachère de trente-quatre ans, prétendument illettrée, et talonnée par un ex-mari vétéran du Vietnam obsédé par la vengeance et le meurtre.
Après “Pastorale américaine” et “J’ai épousé un communiste”, “La tache”, roman brutal et subtil, complète la trilogie de Philip Roth sur l’identité de l’individu dans les grands bouleversements de l’Amérique de l’après-guerre, où tout est équivoque et rien n’est sans mélange, car la tache « est en chacun, inhérente, à demeure, constitutive, elle qui préexiste à la désobéissance, qui englobe la désobéissance, défie toute explication, toute compréhension. C’est pourquoi laver cette souillure n’est qu’une plaisanterie de barbare et le fantasme de pureté terrifiant ».
La voyageuse de nuit
Que savons-nous de nos “proches”? Lorsque Olga, malade, coupe brusquement toute communication avec son entourage, ne parle plus, ne regarde plus, ce sont ses filles qui ouvrent les yeux – sur ce qui les sépare. Dans cette famille en apparence si unie, chacune des quatre s?urs a, en effet, sa propre vision de la mort et sa propre vision de la mère. Les voilà renvoyées à leur enfance et confrontées à cette vérité : dans une famille, personne n’a eu la même mère. Parce que Olga, silencieuse, les yeux fermés, est en train de s’effacer, chaque fille découvre sur “le clan”, un clan étrangement matriarcal, ce qu’elle ne savait pas ou n’avait pas voulu savoir – petits secrets qui recomposent peu à peu un puzzle géant dont aucune, jusque-là, n’avait détenu toutes les pièces.
Rétiaire(s)
Une enquêtrice de l’Office anti-stupéfiants, l’élite de la lutte antidrogue, qui a tout à prouver. Un policier des Stups borderline qui n’a plus rien à perdre. Un clan manouche qui lutte pour son honneur et sa survie. Et une cargaison sud-américaine exceptionnelle, pour laquelle tous les coups sont permis…
Les grilles d’or
Agnès montait la main sut la rampe, et son émotion grandissait à mesure… Dans cette construction parisienne sommeillait son passé, enlacé à celui de la maison. Il se réveil-lait à son approche après une longue attente. L’hôtel Boussardel avait une âme, lourde, impure et complexe, mais une âme, comme en ont une toutes les demeures. Agnès n’ignorait aucun des détours et des pièges de l’édifice bientôt centenaire; elle s’y était morfondue, elle y avait souffert, elle s’en était échappée une fois dans un sentiment de délivrance, une autre fois dans un sentiment d’horreur, elle n’en avait jamais eu la nostalgie, mais elle y rentrait, et elle reconnaissait l’âme de la maison, et son odeur.
Shaft Shaft Shaft !
Asby avait trouvé la planque idéale pour son bien mal acquis : le somptueux cercueil qui n’avait pas encore trouvé acquéreur. Mais qui allait bientôt recevoir un client inattendu. Du coup voilà Gus Mascola qui s’énerve. Et quand Gus pique une rogne, ça fait mal. Demandez à l’ami Shaft : il en sait quelque chose. Mais comme vous le savez Shaft n’est pas homme à se laisser marcher sur les pieds, et Gus et sa bande risquent de passer un- mauvais quart d’heure, en fin de compte.
La voyageuse de nuit
Que savons-nous de nos proches? Lorsque Olga, malade, coupe brusquement toute communication avec son entourage, ne parle plus, ne regarde plus, ce sont ses filles qui ouvrent les yeux – sur ce qui les sépare.
Dans cette famille en apparence si unie, chacune des quatre s?urs a, en effet, sa propre vision de la mort et sa propre vision de la mère. Les voilà renvoyées à leur enfance et confrontées à cette vérité : dans une famille, personne n’a eu la même mère. Parce que Olga, silencieuse, les yeux fermés, est en train de s’effacer, chaque fille découvre sur le clan, un clan étrangement matriarcal, ce qu’elle ne savait pas ou n’avait pas voulu savoir – petits secrets qui recomposent peu à peu un puzzle géant dont aucune, jusque-là, n’avait détenu toutes les pièces.
Entre ciel et terre
“Certains mots sont probablement aptes à changer le monde, ils ont le pouvoir de nous consoler et de sécher nos larmes. Certains mots sont des balles de fusil, d’autres des notes de violon.
Certains sont capables de faire fondre la glace qui nous enserre le cœur et il est même possible de les dépêcher comme des cohortes de sauveteurs quand les jours sont contraires.”
Parfois, à cause des mots, on meurt de froid. Comme Bardur, pêcheur à la morue islandais, il y a un siècle. Trop occupé à retenir des vers du Paradis perdu de Milton, il oublie sa vareuse en partant en mer.
De retour sur la terre ferme, son meilleur ami entame un périlleux voyage pour rendre à son propriétaire, un vieux capitaine devenu aveugle, le livre funeste. Pour savoir aussi s’il veut continuer à vivre.
Entre ciel et terre, d’une force hypnotique, nous offre une de ces lectures trop rares dont on ne sort pas indemne. Une révélation…
