
Les grilles d’or
Agnès montait la main sut la rampe, et son émotion grandissait à mesure… Dans cette construction parisienne sommeillait son passé, enlacé à celui de la maison. Il se réveil-lait à son approche après une longue attente. L’hôtel Boussardel avait une âme, lourde, impure et complexe, mais une âme, comme en ont une toutes les demeures. Agnès n’ignorait aucun des détours et des pièges de l’édifice bientôt centenaire; elle s’y était morfondue, elle y avait souffert, elle s’en était échappée une fois dans un sentiment de délivrance, une autre fois dans un sentiment d’horreur, elle n’en avait jamais eu la nostalgie, mais elle y rentrait, et elle reconnaissait l’âme de la maison, et son odeur.
Famille Boussardel
Les cadeaux d’anniversaire, dont Amélie prenait connaissance l’un après l’autre, lui faisaient faire la revue de toute cette famille qu’elle voyait rassemblée autour de la table en son honneur. Un paquet plus volumineux se trouvait placé sous son assiette. Elle le développa le dernier, sachant d’après les cartes jointes aux précédents, que c’était là le cadeau de son beau-père. Elle trouva un écrin, qu’elle ouvrit qui contenait trois rangs de perles. Stupéfait croyant réellement à une erreur, ne pouvant cependant douter que les perles ne fussent véritables, elle chercha des yeux, par-dessus la corbeille de fleurs, le chef de famille dont elle était le vis-à-vis à table depuis la mort de madame Théodorine…
