
Le blanc et la noire
Il y a le Blanc. Il y a la Noire. Sébastien et Estelle constituent ce que certain appellent un couple ” domino “. Jeunes mariés, à peine un demi-siècle d’âge à eux deux, ils se confient sans se soucier d’emblée de la couleur de la peau de l’autre. Or, le racisme, qu’il soit spectaculaire ou ordinaire, qu’on veuille le reconnaître ou non, est toujours grave, surtout quand il s’agit de confronter pinions et angles de vue, tolérance et réflexes de discrimination. Estelle et Sébastien, eux, ont une parole et un ton neufs, percutants, efficaces dans la sobriété, quand ils font part de leur expérience de vie sur le métissage, la confrontation des ” races n, des murs, des religions, des civilisations. Ils témoignent et ils revendiquent de manière naturelle d’une certaine fraternité universelle tout autant éloignée des homélies naïves et faciles que des tirades accusatrices du moralisme trop facile. Par leur témoignage spontané et leur expérience de vie, en nous contant leur rencontre et leur aventure commune, ils prennent à revers nombre d’études sur le racisme. D’évidence, ce couple en noir et blanc bouscule franchement avec l’élan vital de leur âge, les idées reçues de nombreuses thèses universitaires, mais apporte, incontestablement, des pierres neuves et utiles pour . édifier une société plus juste et généreuse. S’attaquer au racisme, n’est-ce pas d’abord laisser parler ceux qui vivent corps et âme la mixité des cultures ?
“La suite d’Entre chiens et loups. Sephy a 18 ans. Elle vient d’avoir un enfant, une fille. Un événement a priori normal… a priori seulement. Car si Sephy est une Prima (la classe dominante, noire), le père de l’enfant, Callum, est un Nihil : un Blanc. Ou plutôt était. Car il a été pendu pour terrorisme quelques mois avant la naissance. Alors que Sephy fait face à un futur des plus incertains, le frère de Callum, Jude, rumine sa vengeance. Rongé par l’amertume et la haine, il blâme Sephy pour la mort de son frère. Sa vie tourne alors autour d’une seule idée : se venger. Une obsession qui forcera Sephy, une fois de plus, à choisir son camp. Visiter le site de la collection Macadam. “.
Les croix en feu
Après la guerre de Sécession, Scébanja revient sur les terres où il est né esclave afin d’acheter une ferme et de se comporter en homme libre qu’il pense être enfin devenu. Mais c’est compter sans la haine des Blancs. Appauvris par la guerre qui les a dépossédés d’une main-d’œuvre gratuite, ils voient d’un mauvais œil leurs esclaves d’antan s’émanciper. Le Ku Klux Klan entre en action… À travers un événement historique précis, la naissance du Ku Klux Klan aux États-Unis, Les Croix en feu pointe du doigt une réalité toujours criante, le racisme. Pierre Pelot signe là un texte réaliste, sans complaisance ni misérabilisme, mais aussi lucide, puisque les deux personnages, sachant bien que leur victoire n’est que temporaire, préfèrent fuir vers le Nord, là où les croix ne brûlent plus dans la nuit.
Vivre me tue
A sa sortie en 1997, ce texte provoque l’engouement du public et de la critique. Il raconte dans une langue rude, violente et parfois lyrique, le racisme ordinaire de nos jours, en France. Ce récit à la première personne est celui du narrateur, Paul. Il décrit la condition d’un jeune beur en France et les difficultés qu’il rencontre pour trouver du travail, pour se construire un avenir. Face à cette impasse, une seule réaction s’impose à lui, la révolte. Viendra ensuite le départ. Nourri de littérature, Paul noircit un carnet jour après jour dans lequel il raconte à sa princesse juive, Myriam, ses désillusions rageuses et ses bouffées de colère haineuses.
La mal-mesure de l’homme
Comment et pourquoi le déterminisme biologique a-t-il pu engendrer le racisme ? Pour les déterministes, en effet, le comportement des groupes humains et leurs différences sont innés. Il en ressort invariablement que les opprimés, les désavantagés sont inférieurs et méritent donc leur statut. Mettant en évidence les faiblesses scientifiques de ces arguments et présentant le contexte politique dans lequel ils ont été élaborés, Stephen Jay Gould repère les préjugés qui ont conduit les savants à des conclusions fausses. Non, la biologie et la théorie de l’évolution ne sauraient servir à justifier racisme, ségrégation, inégalité entre les hommes ! Un livre fondamental pour qui veut comprendre la nature du racisme.
