
Fenua
La Polynésie se décline en un poudroiement d’îles, atolls et archipels, sur des milliers de kilomètres, mais en fin de compte un ensemble de terres émergées assez réduit : toutes réunies, elles ne feraient pas même la surface de la Corse. Et ce territoire, c’est le Fenua. Comme toujours chez Deville, le roman foisonne d’histoires, de rencontres et de voyages. On déambule, on rêve. On découvre les conflits impérialistes et coloniaux qui opposèrent la France et l’Angleterre, on croise Bougainville, Stevenson, Melville, puis Pierre Loti sur les traces de son frère Gustave, ou Victor Segalen. Mais la figure centrale c’est Gauguin, le peintre qui a fixé notre imaginaire de cette partie du monde, entre douceur lascive et sauvagerie. Des îles merveilleuses qui deviendront, vers le milieu du xxe siècle, le terrain privilégié d’essais nucléaires dont le plus sûr effet aura peut-être été de susciter un désir d’indépendance…
D’année en année, le grand ours blanc de l’Arctique voit la banquise se rétrécir, son territoire s’amenuiser. Son destin lui échappe mais il cherche instinctivement de nouveaux terrains de chasse, de nouvelles terres d’accouplement. L’homme, quant à lui, a conscience du monde qui se dégrade mais pourtant continue tête baissée à vivre sans rien changer. A travers quinze chroniques inspirées par un hivernage au Spitzberg, Jean-Louis Etienne nous décrit la nature et les êtres, le monde polaire, sa beauté, sa pureté, son rôle dans les équilibres climatiques, ses terribles métamorphoses. “A bord de l’Antartica, je suis allée au Spitzberg, pour vivre les quatre saisons de l’Arctique. Je me suis aventuré sur le territoire des ours, j’en ai même rencontré, et tous m’ont témoigné le même message à l’adresse des hommes, attention à ne pas perdre le nord” Le nord, c’est tout à la fois notre étalon d’air pur, l’espace et ses étendue sauvage, leur absolue blancheur, 80% de la réserve d’eau douce de la planète, l’élément clé de notre machine climatique. A travers 15 chroniques, Jean-Louis Etienne nous parle du devenir de l’homme. C’est là, dans la solitude du Grand Nord, fondu dans ce décor polaire où l’ours est roi, qu’il retrouve la délicieuse simplicité de l’humain. Mais quel avenir nous est réservé lorsque le royaume menace de fondre ?
