
Le dernier soupir du maure
La disparition de l’arrière-grand-père Francisco, avalé par un lagon du sud de l’Inde, constitue un premier drame au sein de l’invraisemblable famille Gama-Zogoiby dont est issu le narrateur, dit “Le Maure”. Celui-ci est le fils difforme de la pétulante Aurora qui, sur des sacs de poivre, de cardamome et de cumin, a séduit l’humble Abraham. Très vite, les frasques de cette beauté perverse, peintre de renom, vont entraîner le Maure dans des situations aussi cocasses que périlleuses, depuis les bas-fonds des métropoles indiennes jusqu’aux milieux corrompus de la haute finance. Mêlant la comédie et l’épique, la farce et le merveilleux, Salman Rushdie, tel un prestidigitateur, nous offre un de ses meilleurs romans – une oeuvre sensuelle et picaresque, remplie de saveurs et de couleurs, à la gloire de Bombay.
Le dernier soupir du maure
Le jour de la fête de Ganesh, Aurora Zogoïby danse pour défier des dieux auxquels elle ne croit pas. Peintre célébré, femme aux dimensions formidables, Aurora exècre la foule qui s'adonne au culte superstitieux du dieu éléphant. Sa danse est donc un geste de suprême dédain. Mais la foule se méprend et la vénère. Irréversiblement, elle est au centre des choses. Y compris de la vie de son fils Moraes. Le roman suit exactement le même schéma narratif que Les Enfants de minuit : à l'aube de sa mort, le narrateur se lance sur un rythme effréné dans le récit de sa vie, commençant à la jeunesse de ses grands-parents pour arriver, essoufflé, au moment où il prend la plume. Même festin d'images, même réalisme magique, même sensualité, si ce n'est que le poivre a remplacé le chutney comme moteur du souvenir.
